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Date de création : 08.05.2019
Dernière mise à jour :
21.01.2026
103 articles
courage on se soutien pour les burns out faut un max se reposer! http://reve-of -manga.centerb log.net
Par Lily Sawaka, le 27.02.2025
trop de nouveauté en mars :') vivementtttt http://reve-of -manga.centerb log.net
Par Lily Sawaka, le 27.02.2025
n'est-ce-pas ? c'est fou les premiers amours uwu http://anastas iaskywalker.ce nterblog.net
Par Anastasia, le 16.07.2024
moooh la fin avec mikako qui avoue sentir une chaleur au coeur omg si chooou http://reve-of -manga.centerb log
Par Lily Sawaka, le 14.07.2024
exactement uwu http://reve-of -manga.centerb log.net
Par Lily Sawaka, le 14.07.2024
Nom: My Hero Academia - Light Fall
Genre: Sciences Fantasy - Action - Super Héros - Romance - Amitié - Hors-série
Statut: En cours...
Correction: Corrigé
Synopsis: Les histoires débutent toujours quelque part, mais on n'en montre pas tout les aspects pour autant.
Loin de l'histoire My Hero Academia - Shadow Set, découvrez et/ou redécouvrez vos personnages et vos OC préféré sous un nouvel angle. Dans leur vie quotidienne, loin des affres de la vie de héros, qui sais s'il n'aurons pas un autre visage ? C'est à vous de le découvrir en vous lançant dans cette nouvelle lecture !
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WARNING: Cette œuvre contient de l'action et peu parlé de sujet assez sombre, ou à prendre au sérieux. Elle est aussi inspiré de ma fanfiction My Hero Academia - Shadow Set, je vous conseille donc de la dire en parallèle, ou avant. Je déconseille au lecteur de moins de 14 ans de la lire. Malgré tout je ne suis pas responsable de ce que vous lisez, vous êtes prévenu.
La plupart des personnages et l'histoire originale appartiennent à Kohei Hiroshi, auteur de MHA. Une petite partie des personnages sont tout de même à moi, ou à des personnes m'ayant donné l'autorisation de les utilisés. Le scénario de cette histoire, malgré le fait qu'il soit basé sur une œuvre déjà existante, est écrit de toute pièce par moi. Merci de ne rien recopier ou détourner sans accord préalable, et/ou l'accord des propriétaires des OC's.
Cette version est censé être corrigé mais peut encore contenir des fautes d'orthographe. Si c'est le cas, merci de me le dire.
Liens des chapitres:
"Les histoires débutent toujours quelque part, mais on n'en montre pas tout les aspects pour autant."
Loin de l'histoire My Hero Academia - Shadow Set, découvrez et/ou redécouvrez vos personnages et vos OC préféré sous un nouvel angle. Dans leur vie quotidienne, loin des affres de la vie de héros, qui sais s'il n'aurons pas un autre visage ? C'est à vous de le découvrir en vous lançant dans cette nouvelle lecture !
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ANASTASIA SKYWALKER / LIGHTNIGHT

"Tout ça me hante depuis des années, mais je fait avec...Mon alter est là pour me rappeler mes erreurs alors je ne chercherais plus à le cacher.''

☽☾
LILY SAWAKA / SKYAO

'' Je chercherai toujours à atteindre les nuages, mais pour y arriver je dois travailler plus dur...comme toi !''

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TSUKI KOORI / TORI

'' J'ai peu être des ailes pour voler mais je ne suis pas pour autant quelqu'un de favorisé sur tout les terrains. J'ai mes points faibles, comme tout le monde. ''

☽☾
...

...
SAYAKO ITO / CHAINESS

''Je suis peut être forte, mais je suis aussi folle ! N'oublie pas ça à l'avenir si tu veux encore me provoquer !''

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YLIA MORMEGIL / VALKYRIE

'' Ce n'est pas tant l'aspect de la lame qui est important, mais son tranchant ! Plus celle ci et fine, plus je pourrais te la planter dans le ventre comme dans du beurre ! ''

☽☾
???/NIGHTMARE

'' Crois moi, j'ai l'habitude de vivre dans l'ombre des autres. Tout ça n'a rien de nouveau pour moi. ''

mais aussi...
SHOTO TODOROKI / SHOTO
SHINSO HITOSHI / ???
IZUKU MIDORIYA / DEKU
SHOTA AIZAWA / ERASERHEAD
KATSUKI BAKUGO / ???
??? / DABI
KEIGO TAKAMI / HAWKS
TOGA HIMIKO / TOGA
☽☾☽☾☽☾
Le mot de l'auteur:
Surprise Surprise ! Pour ceux qui me connaissent déjà, bienvenu sur ce recueil de hors série ! Je vous explique très vite en quoi il consiste !
Pour les nouveaux, ce livre est un recueil de hors série dérivée de ma fanfiction originale "My Hero Academia - Shadow Set" ! Pour certains éléments de lore et de contexte, je vous conseille d'aller sur mon profil lire l'histoire originale avant de lire tout ce que j'écris ici. Voilà, c'est dit ! :D
Donc, je vous explique le concept : Je vais poster ici sous forme de hors-série toutes les choses que j'ai envie d'écrire, mais que je ne peu pas intégré à l'histoire original pour un soucis de longueur de texte :P Les hors séries, comme les chapitres originaux ne seront pas très longs (moins de 10000 mots) mais apporterons une tonne de bonus vis à vis de l'histoire originale. Bref, que de belles choses en perspectives ! :3
Ce recueil de hors série de fanfiction est ma propre adaptation de l'histoire originale de Kohei Horikoshi centrée sur les personnages du manga et des OC's m'appartenant, à moi et à mes amis. Si vous voulez détournez l'un des personnages créer par Kohei Horikoshi libre à vous, mais merci de me demander à moi ou aux propriétaires pour utiliser les miens ou les leurs ! Anastasia et Nightmare m'appartiennent, Lily appartiens à Lily, Tsuki à Tsuki, Sayako à Sayako et Ylia à Ylia Taylor !
Je ne donne aucune limite d'âge à la lecture de ce que je vais écrire, mais une partie de celle ci pourrait bien heurter la sensibilité de certains, donc en cas de risque je mettrais des triggers warnings en début de chaque chapitre (sang, maltraitance ext.) pour éviter tout incidents. Je déconseille malgré tout aux jeunes de moins de 14 ans de lire cette fanfiction, mais je ne vous en empêche pas. Sachez que je suis seul.e responsable de ce que j'écris, pas de ce que vous lisez et vous êtes prévenus.
Sur ce, bonne lecture à tous.tes.
Sasha
Date de publication: 06/01/2026
Dernière mise à jour: 06/01/2026
Un joyeux non-anniversaire
A moi
A qui ?
A moi
A vous
Un joyeux non-anniversaire
A vous
A moi
Mais oui
A moi
✧Alice au pays des merveilles✧
✧✧✧
Le mot de l'auteur:
Cette première partie de hors-série est réservée à des hors-séries dit "d'anniversaire" ! En cette année 2026, j'ai pris la résolution d'écrire pour l'anniversaire de chaque OC/personnages principal de ma fanfiction, un OC traitait de la thématique de leurs anniversaires ! Que ce soit juste le déroulé d'une journée de leur anniversaire, ou leur relation avec cette fête, vous pourrez découvrir via ses hors séries une petite partie de la vie des personnages hors de ma fanfiction :3
L'ordre de sortie sera le suivant :
6 Janvier / Lily Sawaka
11 Janvier / Shoto Todoroki
18 janvier / Dabi
2 février / Tsuki Koori
20 avril / Katsuki Bakugo
23 juin / Sayako Ito
1e juillet / Shinso Hitoshi
15 juillet / Izuku Midoriya
7 août / Toga Himiko et Nightmare
8 novembre / Shota Aizawa
3 décembre / Ylia Mormegil
13 décembre / Anastasia Skywalker
28 décembre / Hawks
Si vous passez par là après 2026 je vous laisse découvrir tout ça, sinon, bonne lecture au fur et à mesure des sorties !
Bonne lectures à tous.tes !
Sasha
✧✧✧
Un joyeux non-anniversaire
A moi
A vous
Soufflez très fort sur la bougie
Et le voeu s'accomplit, hi-hi !
✧Alice au pays des merveilles✧
Date de publication: 06/01/2026
Dernière mise à jour: 06/01/2026
Le mot de l'auteur: *tousse* ET ON SOUHAITE TOUS UN BON ANNIVERSAIRE A MA COPINE LILY !!! <3 Petite surprise pour son anniv’, même si ça fait un moment que je projette ses hors-séries d’anniversaire, et petit bonus sur son cadeau physique que je lui ai offert, hihi :3 J’avoue avoir lâché ma petite larme en écrivant ce hors-série, car il y a pas mal de réf au passé de Lily, qui est loin d’être facile, mais ça reste un petit bonus joyeux et bien sympa !
J’espère qu’il vous plaira autant qu’à moi !
Bonne lecture à tous.tes !
Sasha
TW de ce hors-série: Evocation de mort et de traumatisme d'enfance
☁☁☁
6 Janvier - Tempête de cadeau
Hors-série corrigé
☁☁☁
BIP. BIP. BIP. BIP. BIP.
BIP. BIP. BIP. BIP. BIP.
BIP. BIP. BIP. BIP. BIP.
"- Huhhhh... Noooonnn, trop tôt..."
Pourquoi, monde cruel, avait-elle programmé son horloge si tôt le matin ?
Alors qu'elle couvrait son visage avec son oreiller, Lily se maudit intérieurement. Mais elle s'était promise de profiter un peu de Xian et Haruna avant de partir ce matin... Alors elle n'avait pas le choix.
Jetant son oreiller sur le côté de son futon, l'adolescente se redressa et arrêta l'alarme de 4 h 00 sur son téléphone. À cette heure bien matinale, sa chambre d'adolescente, située au fond du dojo de ses parents adoptifs, était encore plongée dans le noir. À travers les fines portes coulissantes traditionnelles, elle entendait au loin le bruit de la vaisselle venant de la salle à manger, et soupira.
Haruna avait dû se lever pour lui préparer son petit déjeuner. Elle ne doutait pas que Xian était, lui aussi, déjà debout. Ils l'attendaient.
Frottant ses yeux, l'aspirante héroïne se leva en s'étirant et marcha jusqu'à l'interrupteur pour allumer la lumière. Celle-ci lui piqua les yeux, mais au moins, elle ne risquait plus de se rendormir désormais. Elle observa à la ronde l'environnement qu'elle occupait depuis voilà presque trois ans maintenant, avec un petit sourire. Ses parents adoptifs lui avaient laissé décorer sa chambre comme elle l'avait toujours souhaité, et même si elle adorait l'internat de Yuei, venir ici pendant les vacances, de temps en temps, était comme un retour aux sources. Une grande goulée d'air frais au milieu du stress des études. Du brouhaha de l'immeuble partagé avec ses camarades.
Mais aujourd'hui, il était temps de repartir.
Lily s'habilla rapidement, enfilant son uniforme de cours avant de se saisir de son sac à dos bleu azur et d'un petit paquet posé juste à côté, soigneusement emballé avec du papier et du ruban. Aujourd'hui, il allait être temps de l'ouvrir... Mais elle ne savait pas si elle en aurait la force tout de suite.
Dans tous les cas, elle le glissa dans son cartable, juste au cas où, et referma celui-ci avant de sortir de sa chambre. En chaussons, elle rejoignit la salle à manger où, sans surprise, ses parents adoptifs étaient déjà installés à table. Mais la table était tellement remplie que cela fit s'écarquiller les yeux de la jeune fille. Haruna avait préparé un petit déjeuner immense, en ce jour si spécial.
"-Ah ! Te voilà, Lily !, dit la dame d'âge mûr en se levant pour l'accueillir, On commençait à penser que tu t'étais encore endormie sur ton réveil ! Tu as bien dormi ?
-Bonjour à vous deux..., répondit l'adolescente malgré sa stupéfaction, J'ai bien dormi, merci."
Haruna s'approcha d'elle en souriant et prit sa fille adoptive par le bras, affectueusement. Elle obligea Lily à sortir de sa torpeur, la tirant avec elle vers la table, et la fit s'installer. Elle embrassa ensuite sa fille adoptive sur la joue, se rasseyant à côté d'elle en disant :
"-Joyeux anniversaire. J'espère que ton petit déjeuner te plaît, je me suis donné beaucoup de mal.
-Haruna, c'est trop..., soupira la bleutée, gênée que toute la nourriture recouvrant l'intégralité de la table ait été faite pour l'occasion, On est que trois, comment on va manger tout ça ?
-Ne t'inquiète pas, on se fera des bentos avec les restes. Ah, et tu pourras en donner un à Koori-san aussi. Je suis sûre que ça lui fera plaisir, pour manger ce midi."
L'adolescente grommela, mais opina du chef. Ce n'était pas comme si elle avait le choix, désormais. Sa mère adoptive s'était donné tellement de mal pour préparer tout ça, et s'était sûrement levée bien trop tôt, alors autant en profiter. Elle tendit la main vers les pancakes tout juste sortis de la poêle et les dégusta avec grand plaisir.
Face à elle, Xian, son père adoptif, lisait le journal en l'observant déguster ses crêpes goulûment, par intermittence. Beaucoup plus sur la réserve que sa femme, son père adoptif n'avait encore trop rien dit. Mais Lily connaissait son caractère et elle ne s'en inquiétait pas forcément. Elle savait qu'il se réjouissait tout autant qu'Haruna de l'avoir ici ce matin, le jour de son anniversaire. Il avait beau mieux le cacher que sa femme, il avait beaucoup d'affection pour Lily et le montrait à sa façon.
Alors que la bleue appréciait le goût sucré de la crème chantilly et des fraises sur sa langue, avec un petit son de bonheur, l'homme plia soudain son journal dans un bruissement significatif. Haruna et Lily se figèrent, l'observant fouiller sous la table pour prendre un paquet soigneusement emballé dans un papier bleu ciel et le faire glisser vers sa fille.
La bouche pleine, Lily l'observa faire avec des yeux ronds, et il articula :
"-Tiens, c'est pour toi. Bon anniversaire.
-M-merchi..., bégaya l'adolescente, prise de court, avant de déglutir pour avaler sa portion."
Elle saisit le paquet, sa curiosité piquée par ce qu'il pouvait bien contenir, et tâta le contenu pour tenter de deviner ce que c'était. Le paquet était un petit rectangle, très reconnaissable, et elle sourit. Un nouveau jeu pour sa Nintendi. Trop cool.
Sans attendre plus, Lily déchira le papier de sa couleur préférée pour découvrir de quel jeu il s'agissait. Ses yeux s'écarquillèrent en découvrant la jaquette de... Tomiidachi Life 2 ! Il fallut beaucoup de retenue à l'adolescente pour ne pas crier de joie, mais elle était confuse. Levant un regard interloqué vers Xian, elle bégaya :
"-Mais... Comment... ? Il ne sort que dans deux semaines !
-J'ai mes contacts. , avoua l'homme avec un demi-sourire énigmatique, Et comme tu as passé des heures entières sur le premier, Haruna et moi pensions que ça te ferait plaisir de l'avoir pour ton anniversaire. Alors on a négocié pour pouvoir l'acheter avant sa sortie."
Et ils avaient dû y mettre le prix fort. Lily n'en revenait pas. Son père adoptif venait de lui offrir un jeu qu'elle ne pensait pas découvrir avant plusieurs semaines et... Il lui donnait l'occasion de l'avoir avant tout le monde. La bleue sauta presque de sa chaise et fit le tour de la table pour serrer son père adoptif dans ses bras. Elle piailla :
"-Oh, merci, merci ! C'est le cadeau le plus génial du monde ! Vous ne pouviez pas me faire plus plaisir !
-Content que ça te plaise... , toussa son père adoptif, acceptant l'étreinte même s'il était mal à l'aise avec le contact humain autre que celui de sa femme, C'est Haruna qui a fait le plus gros du travail, tu sais.
-Ne sois pas si modeste, mon chéri, c'est toi qui as négocié. , rit la femme, amusée par la situation."
Lily lâcha son père adoptif et partit faire un câlin à Haruna, pour la remercier correctement, elle aussi. La femme lui rendit son étreinte chaleureusement en souriant et rit quand la bleue la couvrit à son tour de remerciements.
Ils n'auraient pas pu viser plus juste. Elle n'imaginait rien de mieux pour son anniversaire. Surtout venant d'eux, qui lui avaient déjà tout donné depuis trois ans. Elle était tellement, tellement reconnaissante pour tout. Ce qui ne l'empêchait pas de se comporter comme une véritable fille avec eux, même s'ils n'étaient pas ses parents biologiques.
Elle partit donc se rasseoir à sa place, et dit pour les taquiner :
"-Vous savez ce qui rendrait ce matin d'anniversaire encore plus parfait ? Un matin d'anniversaire où vous prenez la peine de ne pas flirter tout en me faisant porter la chandelle. J'adorerais ça !
-Hey ! C'est pas juste ça, louloute ! , s'emporta Xian en entendant la réclamation de la bleutée, Ta mère adoptive et moi, nous nous aimons d'un amour fort et pur. Tu voudrais quoi, qu'on divorce juste pour le matin de ton anniversaire ?! Tu en demandes trop.
-Allons, allons, mon amour, elle ne fait que plaisanter. , soupira Haruna en frottant le dos de son époux pour l'apaiser, Laisse, ce n'est qu'une enfant. Elle comprendra plus tard."
Ou pas, songea intérieurement Lily en reprenant un peu de son copieux petit déjeuner en souriant. Ce qu'elle avait maintenant lui suffisait très bien. Un anniversaire simple, entouré de sa famille, de nourriture, d'un beau cadeau et de rires. Cela lui rappelait presque son enfance.
Avant la mort de son père. De la blessure de sa mère. De l'hôpital. De son oncle. De tout le reste.
Mais cette époque était révolue, et même si Xian et Haruna lui offraient un semblant de normalité... la réalité était toute autre. Mais aujourd'hui n'était pas un jour où elle pouvait penser à la réalité.
Aujourd'hui, c'était son anniversaire et elle comptait bien en profiter, même si c'était aussi le premier jour de classe après les vacances d'hiver. Car après tout, malgré tous les malheurs du monde, quelle serait la vie si elle ne profitait pas du jour de son anniversaire avec les gens qui lui étaient actuellement les plus chers ?
Sûrement bien fade.
Mais Lily n'aurait cet âge qu'une fois, et en ce jour si spécial, elle comptait bien profiter à fond... tout en restant discrète pour ne garder près d'elle que ceux dont elle avait vraiment besoin, ici et maintenant.
☁
"-Merci de m'avoir déposée ! À bientôt !
-Bisou, Lily ! Sois sage, à l'école !"
Le moteur de la modeste voiture de la famille Wang démarra et ses parents disparurent rapidement dans leur véhicule à l'angle de la gare, laissant leur fille livrée à elle-même au bord de la chaussée. Il faisait encore nuit noire, mais, son sac à dos sur les épaules et sa valise à la main, Lily scruta l'angle de la rue avec un pincement au cœur.
Deux heures étaient passées depuis son réveil, et pourtant, tout lui avait semblé passer si vite. Elle avait à peine pu profiter d'un moment avec Xian et Haruna qu'il avait déjà été temps de partir pour la gare, là où elle devait prendre son train à 6 h 30, direction Musutafu.
Depuis chez ses parents adoptifs, dans la préfecture de Nara, il y avait plus de deux heures de train pour rejoindre la ville dans laquelle elle étudiait depuis peu. Pour rejoindre Yuei. Heureusement, elle ne voyageait pas seule.
Prenant ses affaires, la bleutée entra dans la gare de Nara avec un soupir las et une furieuse envie de dormir. L'avantage de prendre le train si tôt était qu'elle arriverait à l'heure pour les cours, mais son cycle de sommeil en avait pris un coup. Elle ferait la sieste une fois dans le train qui, d'après les panneaux d'affichage, partait dans un peu moins de trente minutes... voie 4.
Désormais habituée au labyrinthe que représentait la gare, l'aspirante héroïne slaloma dans les couloirs pour rejoindre la voie 4 en répondant à tous les vœux d'anniversaire qu'elle avait reçus depuis le milieu de la nuit, jusqu'à rejoindre le bord du quai.
"-Leloo-chan !, la héla alors une voix familière dans la gare encore presque déserte à cette heure bien matinale, Par ici !"
Elle leva ses pupilles couleur du ciel vers la silhouette de sa meilleure amie qui lui faisait signe de la main de l'autre côté du quai, et sourit. Tsuki était là, comme promis. Elle l'avait attendue pour qu'elles prennent le train ensemble ce matin. Même si, techniquement, elles auraient dû prendre celui de la veille pour rejoindre l'internat en même temps que les autres, un jour avant la rentrée.
Se retenant pour ne pas se précipiter, la bleutée trottina jusqu'à sa meilleure amie et la serra dans ses bras. Qu'est-ce que c'était bon de la retrouver après plusieurs semaines de séparation. Après les fêtes de fin d'année en famille et l'arrivée de la nouvelle année. Lily se sentit presque soulagée de sentir à quel point la blanche semblait solide contre elle.
"-Comment tu vas ?, demanda la bleutée en se séparant d'elle à contrecœur, Tu as passé de bonnes vacances ?
-Oui. Tsumi et moi, on a passé la plupart du temps seules, mais c'était sympa. , répondit l'adolescente ailée en la maintenant tout de même à proximité par les épaules, Et toi ?
–Idem, mais avec Xian et Haruna. , rit nerveusement Lily sans s'éloigner plus, Comme toujours, ils ont été de vrais tourtereaux tout au long des fêtes. J'ai cru mourir de honte."
Mais mieux valait en rire qu'en pleurer. Ses parents adoptifs étaient tellement amoureux qu'ils finiraient sûrement leur vie ensemble. C'était tout ce qu'elle leur souhaitait, même si leur tendance à être démonstratifs l'un envers l'autre pouvait parfois être... gênante.
Au moins, ça amusait Tsuki de la voir rougir en repensant à la gêne ressentie dans ce genre de moment. La blanche frotta gentiment son dos et dit en riant :
"-Là, là, c'est terminé, oublie ces images. Aujourd'hui, c'est ta journée, tu devraisen profiter... D'ailleurs..."
Elle commença à fouiller dans sa sacoche bleu pastel, en sortant un petit paquet de la même couleur qu'elle tendit à son amie. Joyeusement, elle s'écria :
"-Bon anniversaire, Leloo-chan !"
Les quelques rares visages présents sur le quai avec elles tournèrent la tête d'un air épuisé et observèrent la scène. Lily, bouche bée, scruta le cadeau avant de le prendre dans ses mains en disant plaintivement :
"-Tu n'aurais pas dû ! C'est trop ! Déjà que tu as accepté d'attendre pour prendre le train avec moi ce matin... Je n'avais pas besoin d'un cadeau en plus.
-Mais ça me fait plaisir de te l'offrir. , répondit fermement sa meilleure amie, refusant catégoriquement qu'elle lui rende son présent d'une quelconque manière, Et tu le mérites. Je sais que tu ne veux pas forcément faire une grosse fête pour ton anniversaire, et je respecte ça, mais laisse-moi au moins te gâter quand je le peux. Ok ?
-Ok, chef..."
Enfin bon, elle aurait pu attendre de ne pas être dans un lieu public pour lui souhaiter son anniversaire. Toute cette attention autour d'elle, même si les voyageurs étaient peu nombreux, ça la gênait. Elle déballa malgré tout le paquet avec un petit sourire et regarda à l'intérieur.
Ce n'était pas grand-chose. Juste un charm de téléphone soigneusement rangé dans une jolie boîte à bijoux. Mais pour Lily, ça représentait beaucoup, ses yeux s'illuminant de bonheur quand elle vit ce que l'accessoire représentait. Une jolie suite de perles fantaisie descendant en cascade bleue et blanche, avec, dans l'ordre : une perle nuage, une plume grise et quelques perles fantaisie qui ressemblaient à de la pluie, mais qui brillaient sous la lumière. Un beau symbole émouvant de leur amitié, que la bleutée admira avec bonheur.
"- C'est trop joli ! Comment... ?
-J'ai contacté quelqu'un qui faisait des charms de téléphone personnalisés. , expliqua la blanche, Comme ton ancien avait cassé, je me suis dit qu'un nouveau te ferait plaisir et j'y ai fait accrocher une de mes plumes. Comme ça, même quand je ne suis pas là...
-J'ai un morceau de toi avec moi, finit Lily en souriant. C'est parfait, merci ! Merci, merci !"
Dans un élan de bonheur, Lily étreignit sa meilleure amie dans ses bras en la soulevant presque de terre. Les deux adolescentes rirent et se réjouirent de la situation... car cela faisait longtemps que Lily ne s'était pas sentie aussi heureuse le jour de son anniversaire. Ses dernières années ne l'avaient pas épargnée... mais aujourd'hui, elle trouvait cette journée parfaite.
Même si c'était la rentrée et qu'elle avait dû se lever bien trop tôt pour profiter de cette journée avec ceux qui comptaient vraiment, elle n'aurait pas pu rêver mieux et accrocha son nouveau cadeau à son téléphone.
Les deux filles discutèrent ensuite longuement de leurs vacances d'hiver avec entrain, réveillant à elles seules la moitié du quai encore endormi... jusqu'à l'arrivée de leur train, quelques minutes plus tard, qui les emmena en à peine quelques heures à destination de Musutafu, pour la suite de cette journée qui était loin d'être terminée.
☁
Le reste de la journée parut presque banal à Lily. Comme Tsuki le lui avait promis, elle était restée très discrète sur son anniversaire. La bleutée n'avait jamais souhaité qu'on le fête en grande pompe ou que cela se sache partout, alors elle ne fut pas forcément étonnée que personne ne le lui souhaite de la journée. Tori était très respectueuse de l'intimité de sa meilleure amie et vice-versa. Si elle ne voulait pas fêter son anniversaire avec les autres, alors elle ne vendrait pas la mèche.
La reprise des cours fut donc des plus banales. Ou presque.
Étrangement, à la fin de la journée, et ce alors qu'il faisait un froid de canard, Sayako avait proposé aux deux amies de faire un entraînement improvisé en extérieur. La blonde, qui abhorrait le froid de l'hiver, prenait sur elle pour braver la météo clairement pluvieuse afin de s'entraîner ? C'était étrange, mais soit. Les filles acceptèrent. La période des fêtes les avait toutes aidées à relâcher la pression, alors autant reprendre les bonnes habitudes dès aujourd'hui.
Mais le comportement de la blonde fut étrange tout du long. Elle passait le clair de son temps à jeter des coups d'œil sur son téléphone, retardant chaque fois un peu plus la fin de l'entraînement en prétendant ne pas se fatiguer... Mais clairement, quelque chose d'anormal était en train de se passer. Lily tenta de ne pas trop y faire attention, profitant un maximum de cet entraînement pour travailler l'endurance de son alter... Mais elle ne réussit pas à berner Tsuki.
La blanche observait le comportement de leur camarade avec une suspicion très claire dans le regard, et prit les devants avec elle quand celle-ci sembla enfin se décider à arrêter les exercices pour retourner à l'internat. Skyao, elle, traînait des pieds derrière, en regardant son téléphone, un peu fatiguée par cette longue journée. Alors qu'elles étaient hors de portée d'oreille de sa meilleure amie, la fille ailée glissa à leur camarade :
"-Qu'est-ce que tu prépares, Sayako ? Tu te comportes bizarrement depuis la fin des cours.
-Mais rien, rien... , mentit clairement la blonde sans vraiment chercher à cacher un sourire amusé, qui ne fit qu'inquiéter un peu plus la blanche, J'avais juste envie de m'entraîner ! Pourquoi ce serait bizarre ?"
Pour tout un tas de raisons, songea Tori. Mais la réelle raison du drôle de comportement de leur amie, elle ne l'aurait pas imaginée si positive.
L'arrivée à l'internat se fit normalement, à pied, comme à chaque fin de journée. Il faisait déjà nuit, et la salle commune de la 1-A grouillait, comme tous les soirs, des discussions animées des élèves qui étaient en train de finir de préparer le repas du soir tous ensemble.
Ça, en revanche, c'était inhabituel. Lunch Rush se chargeait en général de livrer les repas ici, mais l'odeur à la fois épicée et sucrée qui flottait dans l'air en disait long sur le fait que la cuisine commune avait été utilisée à bon escient. L'ambiance chaleureuse de l'internat était parsemée de la douce odeur d'un curry et... de crêpes.
Alors qu'elle se déchaussait, Tsuki commença à comprendre. Mince. Quelqu'un avait découvert l'existence de l'anniversaire de son amie et avait vendu la mèche. Lily sembla comprendre aussi, car son visage se crispa, et elle lança un regard accusateur vers sa meilleure amie, même si elle se passerait de reproches. Silencieusement, Tori mima trois mots avec sa bouche : "C'est pas moi."
Leurs inquiétudes ne firent que se confirmer quand Ochako arriva en trottinant vers elles, tout sourire. La brune saisit Lily par le bras, la traînant vers une grande table installée au centre de la salle commune en disant :
"-Enfin vous voilà ! On n'attendait plus que vous pour commencer ! Tiens, assieds-toi ici !
-Hey ! Mais qu'est-ce que..., bégaya la bleue, confuse, Pourquoi il y a une grande table ? C'est quoi ce cirque ?
-Tu sais très bien ce qu'il se passe. , répondit fermement Uravity alors que la plupart de la 1-A commençait à s'installer autour de la table, C'est un jour particulier aujourd'hui.
-Ah bon ?"
Face à la naïveté feinte de leur camarade, quelques rires s'élevèrent autour de la table. Ochako lui sourit, lui glissant un joyeux anniversaire discret avant d'aller s'asseoir à sa place à côté de Tsuyu, faisant rougir furieusement la bleutée. Cette fois, c'était certain, quelqu'un avait grillé qu'aujourd'hui, c'était son anniversaire... Et elle n'y échapperait pas.
Tsuki et Sayako rejoignirent elles aussi la tablée. Les deux filles, ainsi qu'Anastasia, étaient assises autour de la star du jour, étant ses amies les plus proches, et le repas riche préparé pour l'occasion par quelques volontaires put débuter. L'ambiance était au beau fixe. Tout le monde fêtait l'occasion avec entrain, laissant tout de même l'espace nécessaire à la bleue pour assimiler ce qui était en train de se passer.
Elle n'avait clairement pas l'habitude de ce genre de fête en son honneur et resta silencieuse tout le long du repas, sauf durant les moments où quelqu'un la sollicitait directement. Ce qui arrivait chaque fois qu'un de ses camarades lui souhaitait son anniversaire ou lui offrait un cadeau trouvé à la dernière minute. Skyao s'était rarement retrouvée autant gâtée, et même si elle était reconnaissante pour tout ça, elle semblait aussi terriblement gênée.
Tori connaissait son amie par cœur. Elle avait vraiment essayé de cacher l'existence de l'anniversaire de sa meilleure amie au reste de la classe, mais maintenant que cette petite fête avait lieu... Elle doutait de ne pas avoir laissé échapper la date par inadvertance. Elle savait qu'au final, sa meilleure amie ne lui en voudrait pas, mais cela la travaillait. Alors, quand le plat principal fut retiré de table pour passer au dessert, sûrement le gâteau d'anniversaire, la blanche se tourna vers Anastasia pour l'interroger.
"-Comment vous avez su que c'était aujourd'hui ? On a pourtant essayé de vous le cacher.
-Oh. Bah, les délégués ont accès à nos dossiers scolaires, et les dates de naissance y figurent. , explicita la blonde avec un sourire, Donc Tenya le savait, il en a parlé avec Deku et Ochako, qui en ont parlé au reste de la classe. Au final, tout le monde s'est mis d'accord pour le fêter. Alors on a préparé une surprise pour l'occasion."
Ouf. Donc la fuite ne venait pas d'elle. Rassurée, Tsuki comprit la réaction de leur camarade et opina vaguement du chef. Qui ne voudrait pas fêter l'anniversaire de ses camarades de classe ? À peu près tous les membres de la 1-A avaient eu droit à leur fête depuis leur arrivée ici. Lily et elle faisaient désormais partie à plein temps de la classe 1-A. Il n'était donc pas étonnant de comprendre qu'elles avaient aussi droit à leur fête. Comme pour confirmer cette théorie, Sayako se pencha d'ailleurs vers elle en ricanant :
"-N'espère pas y échapper non plus. Tu auras aussi droit à ta fête, le mois prochain. Promis.
-C'est comme vous voulez. Je m'en fiche. Vous pouvez me souhaiter mon anniversaire ou faire une fête, voire rien du tout, ça ne changera pas grand-chose, vous savez. Je serai contente dans tous les cas."
La blanche haussa les épaules pour ponctuer son discours. Sa camarade avait raison : le mois suivant, ce serait son tour, mais elle ne s'en souciait guère. Son anniversaire, c'était toujours une occasion pour elle de fêter quelque chose en famille... Et elle essayait de ne pas trop y songer, car cette année, ce serait encore différent.
De toute façon, cette journée n'était pas la sienne. Alors, quand Sayako ne se montra pas trop insistante (pour une fois), elle ne renchérit pas pour laisser Lily profiter pleinement de sa fête.
Autour de la grande tablée, la classe 1-A resta fidèle à elle-même : dynamique et joyeuse, prenant dignement ce repas pour honorer les un an de plus de leur camarade et amie. Mais ils laissèrent aussi l'espace nécessaire à Lily pour s'épanouir librement sans jugement, ne l'obligeant à aucun moment à participer aux conversations ou à être sociable, même si la bleutée s'efforçait de l'être.
En bref, ils la laissaient être elle-même, et rien ne pouvait réjouir plus la bleue.
Enfin, rien à part le mille-crêpes préparé par Sato qu'on servit en dessert, après qu'elle eut soufflé ses bougies. Quand elle vit l'un de ses desserts préférés être apporté à table, c'est presque comme si Skyao était soudain retournée en enfance, et elle n'avait jamais autant souri devant tous ses camarades.
Trop mignonne pour certains, fut cette réaction.
Mais toutes les bonnes choses avaient une fin, et cette petite fête en eut une quand l'heure du couvre-feu sonna. Après les conversations, les remerciements, la gratitude, l'ambiance commença à devenir plus calme dans la salle commune et tout le monde commença à vouloir aller se coucher. Lily, en bonne camarade, resta un peu plus tard que les autres pour discuter avec les derniers retardataires et se retrouva donc presque seule quand elle prit enfin la décision de monter à son tour dans sa chambre.
Elle partit chercher son sac, qu'elle avait laissé échouer dans le hall d'entrée, et se figea en le soulevant, un poids anormal pesant à l'intérieur. Mince. Elle avait presque oublié le paquet qu'elle y avait glissé le matin même et ne l'avait pas ouvert.
Pourtant, elle n'avait pas le choix. Elle allait devoir l'ouvrir une fois complètement seule. Elle l'avait promis. Mais l'idée même de ce qu'il pouvait contenir lui mettait la boule au ventre. Ce que pouvait bien contenir le paquet... Elle n'était pas sûre de pouvoir y faire face. Elle ne sut pas exactement combien de temps elle resta là, à fixer son cartable, mais cela sembla durer une éternité, avant que quelqu'un ne vienne la sortir de sa torpeur.
"-Ah, Lily, super ! Tu es encore là !"
Skyao se retourna vivement en relevant la tête, surprise qu'encore un de ses camarades ne soit pas monté dans son dortoir, mais sembla se détendre quand elle reconnut son interlocuteur. Izuku trottina dans sa direction, visiblement soulagé de la voir.
"-Oh, bonsoir Izuku... , souffla la bleue alors que son ami arrivait à son niveau, J'allais justement monter. Tu me cherchais ?
-Ouais, et j'ai bien cru que j'allais te manquer ! , répondit le disciple d'All Might, visiblement essoufflé après avoir couru, J'avais complètement oublié que je voulais te donner quelque chose et j'ai dû faire l'aller-retour de ma chambre en vitesse en espérant ne pas te rater."
Joignant le geste à la parole, le vert fouilla dans sa poche et en sortit un petit paquet plat en continuant de déblatérer :
"-J'ai essayé de venir t'en parler pendant le repas pour que tu m'attendes, mais avec tous les autres autour, je n'en ai pas trouvé l'occasion. J'ai trouvé ça dans un paquet collector et, comme je l'avais déjà, je pensais que ça te ferait plaisir de l'avoir. Et puis, c'est pas grand-chose, mais c'est le geste qui compte ! Alors voilà ! Tiens ! Joyeux anniversaire !"
Lily resta muette de stupeur en voyant la main couverte de cicatrices lui tendre son cadeau. Le paquet de celui-ci était maladroitement fait, en dépit de la taille dérisoire de l'objet caché à l'intérieur, et elle le prit doucement. Une sorte de frisson la parcourut quand ses doigts frôlèrent ceux du vert sur ce court laps de temps, mais elle chassa rapidement cette sensation. Ce n'était pas le moment de se laisser emporter par ses émotions. Izuku semblait tenir au fait de lui offrir ce cadeau, alors elle le déballa délicatement en déchirant le papier autour.
L'ouverture qu'elle fit révéla alors une carte de collection qu'elle reconnut comme celle d'une série sur les héros japonais... Mais pas n'importe laquelle. La carte représentait Skyfall, le héros du vent, dans un format inédit et holographique qui semblait plutôt rare. Du moins, elle le pensa, car elle n'en connaissait pas trop sur ce genre de cartes.
Pourtant, elle fut interloquée durant quelques secondes, laissant passer son regard de la carte à Izuku et vice versa, d'un air troublé. Une seule question lui brûlait alors les lèvres, alors qu'elle tentait de ne pas laisser la panique et la peur la gagner :
"- Comment... ?
-J'ai visé juste ?, demanda le vert en la coupant, visiblement ignorant de l'état de son amie, All Might m'a dit qu'il avait travaillé avec lui récemment et, comme c'est un héros dont l'alter est aussi basé sur le vent, je me suis dit que tu devais l'admirer. Alors j'ai choisi cette carte pour te l'offrir dans mes doublons, vu que je n'ai pas pu anticiper un vrai cadeau pour toi."
Lily resta muette de stupeur, ne sachant pas comment réagir, et souffla de soulagement. Il ne savait pas. C'était un hasard. Bien sûr qu'il ne savait pas qui représentait Skyfall pour elle. Elle n'avait jamais parlé de son père à qui que ce soit pour ne pas influencer l'avis des personnes sur elle, sauf peut-être à Tsuki. La blanche était la seule à savoir tout de son passé.
Pourtant, à ce moment précis, Lily hésita. Elle hésita à lui avouer que le héros sur la carte qu'il venait de lui offrir était son père biologique. Que la similitude n'était pas un hasard. Mais pourtant, elle se retint. Elle s'était fait la promesse d'être une héroïne égale, voire supérieure à son père, sans utiliser la notoriété passée de celui-ci comme partenaire d'All Might pour se propulser. Elle devait donc garder cela pour elle, du moins pour l'instant.
Un jour, peut-être, elle dirait à ses camarades d'où elle venait.
"-Il ne te plaît pas ?, demanda soudain le vert face au long silence circonspect de sa camarade, Je peux te donner une autre carte, si elle ne te plaît pas.
-Non ! Non, elle est parfaite !, s'emporta la bleue en redressant la tête, essayant de paraître naturelle, Je ne m'attendais pas à un tel cadeau, c'est tout. C'est une carte holographique qui a l'air plutôt rare, alors je... Ça m'a surprise.
-Ah, ouf, tant mieux ! J'ai cru que j'avais fait une bourde !"
Si seulement il savait, il s'en voudrait sûrement à mort. Son soulagement fit malgré tout sourire sincèrement Lily, qui serra la petite carte sur son cœur avec gratitude. Retenant des larmes embuant ses yeux pour ne pas l'inquiéter, elle articula :
"-Merci... Tu ne pouvais pas me faire plus plaisir."
Et c'était vrai. Certes, ce cadeau était inattendu, mais elle était contente d'encore avoir une chose qui la reliait à son géniteur, même si sa première réaction aurait pu être interprétée comme négative. Finalement, faire face à sa mort en ce jour qui se voulait joyeux n'avait pas été si terrible... Surtout grâce à lui.
Si elle avait pu, Lily aurait bien pris son ami dans ses bras de gratitude, mais se ravisa. Ce geste serait clairement maladroit.
"-Content que ça te plaise. , répondit le vert en brisant de nouveau un silence entre eux, moins tendu cette fois, On devrait aller se coucher maintenant. Le couvre-feu est presque passé.
-Tu as raison, je vais y aller aussi. Bonne nuit, Izuku.
-Bonne nuit, Lily."
Les deux adolescents marchèrent ensemble jusqu'aux escaliers séparant les dortoirs des filles et des garçons, puis se séparèrent sur un dernier au revoir discret. Mais alors qu'elle montait les marches, Lily prit le temps d'admirer la carte holographique entre ses mains avec un sourire discret... caressant les foulards en forme de plumes accrochés à la taille de Skyfall sur son costume de héros, et songea au fait que, tout à coup, le paquet qui ballotait encore dans son sac à dos semblait peser bien moins lourd que durant le reste de la journée.
☁
Quand la nuit fut enfin noire d'encre et le silence total dans l'internat de la 1-A, Lily s'affala enfin sur son lit en tailleur, épuisée. Elle avait pris une douche rapide et enfilé son pyjama avant de venir enfin se poser... Et même si elle était tentée de prendre la console pour tester le jeu offert par Xian et Haruna le matin même... Elle avait une dernière mission à accomplir avant de pouvoir s'allonger.
Sur ses genoux, coincé fébrilement entre ses mains, un petit paquet soigneusement emballé avec du papier et du ruban reposait là. C'était son dernier cadeau d'anniversaire, donné avec attention par sa mère lors de sa dernière visite à l'hôpital pendant ses vacances. Elle avait appréhendé le moment de l'ouvrir depuis lors, craignant qu'il ne puisse contenir des souvenirs trop vifs de son père, de sa mère ou de son enfance... Mais elle avait aussi promis de l'ouvrir aujourd'hui, quoi qu'il arrive.
Si, à sa prochaine visite à l'hôpital, elle ne l'avait pas ouvert, Elsa se ferait un plaisir de lui faire comprendre le sens du mot cadeau, paralysée ou non dans son lit d'hôpital comme elle l'était depuis maintenant plusieurs années.
Mais ce n'était pas la crainte des représailles venant de sa mère qui poussait Lily à tenir ce paquet entre les mains, mais bien le cadeau qu'Izuku lui avait fait une heure plus tôt. Elle qui avait jusqu'ici craint que le moindre cadeau en rapport avec sa famille ou son passé puisse lui provoquer une tristesse infinie et gâcher cette journée si spéciale... Elle avait réalisé, grâce au vert, qu'au final, ce qui était arrivé des années auparavant ne définissait pas comment chacun de ses anniversaires suivants devait émotionnellement être pour elle.
Elle n'avait pas de raison d'avoir peur. Certes, ce qu'il lui était arrivé lui pèserait pour toujours, mais ce cadeau... Même si sa mère lui avait dit qu'il était spécial, elle ne craignait plus l'effet qu'il pourrait avoir sur elle. Elle ne voulait plus pleurer, mais bien honorer la mémoire d'une vie qu'elle avait un jour eue et qui était désormais terminée... Sans pour autant cesser de vivre.
Alors, enfin prête à faire face, Lily dénoua le ruban et déchira le papier autour d'une boîte close et d'un simple mot. L'écriture ronde et fluide sur le papier n'était pas celle de sa mère, mais elle sut que le mot venait d'elle. Sa paralysie l'empêchait d'écrire, mais une infirmière avait dû l'y aider. Elle lut donc avant de finir d'ouvrir le cadeau :
Ton père m'avait toujours dit que, si tu décidais de suivre ses pas, il t'offrirait pour ton anniversaire ce cadeau en gage de porte-bonheur. Je sais qu'il n'en aura jamais l'occasion, mais j'honore aujourd'hui sa mémoire en te léguant enfin ce qu'il a voulu te donner à l'époque. Utilise-le sur ton costume, en guise de porte-bonheur. C'est ce qu'il aurait voulu, en plus d'être avec toi pour arrêter des vilains et sauver des vies. Aujourd'hui, tu es là où il était à ton âge, à Yuei, et ça l'aurait rendu fier. Ne l'oublie pas, et n'oublie pas d'où tu viens. Quoi qu'il arrive, je t'aime.
Maman.
Un sourire triste fleurit sur le visage de Lily à la lecture de ce mot. Sa mère n'avait plus su exprimer grand-chose depuis la mort de son mari et son hospitalisation. Mais ce je t'aime écrit noir sur blanc était la preuve qu'elle était encore capable d'aimer sa fille, même si s'en occuper était impossible. Cela touchait Lily, mais elle n'était pas au bout de ses peines.
Quand elle écarta le couvercle de la boîte contenant son cadeau, Skyao étouffa un sanglot de surprise. Elle reconnut immédiatement le morceau de tissu bleu nuit soigneusement plié à l'intérieur... Comme si la dernière fois qu'elle l'avait vu, c'était hier. Ce simple carré de tissu vaporeux pouvait paraître banal, mais c'était indéniablement l'un des tissus en forme de plume que son père accrochait à la ceinture de son propre costume, et dont elle s'était inspirée pour le sien. La couleur était juste différente de celle qu'elle avait choisie... Car c'était l'un des morceaux du costume de héros de feu Skyfall, le héros du vent.
Il avait voulu le lui léguer en signe de soutien dans son chemin vers le métier d'héroïne, et même si l'occasion ne s'était jamais présentée... Il était arrivé jusqu'à elle.
Désormais complètement hors d'état de pouvoir penser clairement, Lily laissa son corps tomber sur son matelas et se mit en boule sur ses couvertures en serrant le précieux tissu contre elle. Il n'avait pas l'odeur de son père, mais bien celle de la lessive et du désinfectant de l'hôpital, mais ça n'avait pas d'importance. C'était de loin le cadeau le plus précieux que Lily avait reçu dans la tempête d'autres aujourd'hui, et elle le chérirait autant de temps qu'il le faudrait, jusqu'à sa mort si cela était possible. Alors qu'elle fermait les yeux, à la fois pour imaginer Ace Sawaka en face d'elle et d'épuisement, la bleutée sourit et marmonna dans sa barbe :
"-Promis, je l'accrocherai sur mon costume comme tu l'aurais voulu. Comme ça, tu pourras toujours me suivre sur le terrain, où que j'aille, et pour toujours."
Puis elle sombra dans un sommeil sans rêve, mettant enfin fin à cette longue journée d'anniversaire, qui avait sûrement été l'une des meilleures de toute sa vie.
Fin.
☁☁☁
Nombre de mots: 6172 mots
Date de publication: 06/01/2026
Dernière mise à jour: 06/01/2026
Le mot de l'auteur: C'est officiellement le plus beau jour de l'année !! :3 <3 L'anniversaire du seul et de l'unique, de mon chéri de toujours (ou presque), de celui qui fait... Ah pardon, j'en fais trop !! xD Bref, vous l'aurez compris, vu que ce HS sort, c'est l'anniversaire de Shoto aujourd'hui, et comme c'est, de mon point de vue, l'un des meilleurs personnages de toute l'œuvre de My Hero Academia, je suis très excité·e de vous sortir ce HS que j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire, hihi :P Au rendez-vous, comme le précédent, de l'émotion, mais aussi un peu de ship, etc., mais je vous laisse découvrir tout ça !!
Bonne lecture à tous.tes et bon anniversaire Shoto ! :3
Sasha
TW de ce hors-série: Evocation de mort, de traumatisme d'enfance et de violence sur mineur (implicites)
❄❄❄
11 Janvier - Anniversaire glacial
Hors-série corrigé
❄❄❄
Ce matin-là, comme tous les ans, le téléphone de Shoto sonna en boucle. Ce n'était pas un jour comme les autres. Il n'avait même pas ouvert les yeux qu'il en avait déjà conscience. Pourtant, cela ne l'empêcha pas de rouler sur son futon au moment où son réveil sonna à l'aube, arrêtant la sonnerie incessante de son téléphone en appuyant sur le bouton "décaler l'alarme dans 5 min".
Allongé sur le dos, le bicolore prit son cellulaire en main pour en regarder l'écran. La lumière bleue lui piqua d'abord les yeux ; il cligna pour qu'ils s'habituent à la luminosité nouvelle dans la pièce, puis il lut une petite dizaine de notifications, principalement de sa famille, qui disaient presque toutes la même chose.
Fuyumi - Joyeux anniversaire petit frère ! <3 Il faudrait qu'on parle de l'organisation de ta fête dans la journée. Dis-moi quand tu es réveillé et disponible, comme ça on voit ensemble ! Profite bien de ta journée pour te reposer entre les cours. Bisous !
Natsuo - Yo frérot ! Bon anniv' ! Ça te ferait plaisir que je vienne pour ta fête, la semaine prochaine ? Je sais que papa sera là, mais Fuyumi insiste et si ça peut te faire plaisir, je suis prêt à faire l'effort. Prends ton temps pour répondre, ça fera poireauter un peu le vieux.
Hôpital G. - Bonjour Monsieur Todoroki. Dans un premier temps, toute l'équipe médicale vous souhaite un très bel anniversaire ! Comme convenu lors de votre dernière visite, un appel téléphonique vous sera accordé avec votre mère à 13 h 00 ! Restez bien disponible pour cela ! À plus tard.
Père - SHOTOOOOOO !
Père - JOYEUX ANNIVERSAIRE !
Père - S'il te plaît, viens à la maison la semaine prochaine.
Père - Ça ferait plaisir à ta sœur.
Père - Et à moi.
Père - Et sûrement à ton frère aussi, même s'il ne l'avouera jamais devant moi.
Père - Un repas en famille serait bénéfique pour tous.
Père - Réponds-moi vite !
Déjà épuisé face à la ribambelle de notifications, l'adolescent verrouilla son écran en soupirant et sortit de son lit. Il s'étira avant de couper pour de bon son réveil à la seconde alarme et alla allumer les lumières de sa chambre d'internat d'un pas traînant. La pièce familière décorée de tatamis s'éclaira dans un grésillement d'ampoule familier du plafonnier.
Dehors, il faisait encore nuit noire. Il n'était que 7 h du matin en plein hiver, et malgré le fait que l'on soit samedi, le bicolore se levait tôt car aujourd'hui la 1-A avait cours. Les six heures réglementaires de leçon de la filière héroïque étaient inévitables, à moins qu'on ne demande une dispense, ce qu'il avait fait... Mais pas pour aujourd'hui. Pour la semaine suivante. Il ne souhaitait pas passer le jour de son anniversaire avec sa famille, mais avait décidé de faire l'effort d'une petite fête la semaine suivante pour fêter tout ça... Mais aussi l'anniversaire d'une autre personne qui n'était plus là pour le fêter.
Bref. Aujourd'hui, c'était sa journée, et il voulait en faire ce qu'il voulait sans la pression familiale... Dans la mesure du possible.
Après avoir rapidement enfilé son uniforme scolaire et s'être préparé sommairement pour la journée, l'adolescent quitta sa chambre pour rejoindre le rez-de-chaussée de l'internat déjà bruissant de l'ambiance chaleureuse et pleine de bonnes ondes de ses camarades. Presque toute la 1-A s'attendait les uns les autres pour aller prendre un petit déjeuner commun dans le réfectoire, et c'était le cas aussi des amis les plus proches du fils d'Endeavor.
Quand il passa la dernière marche du dortoir des garçons, Tenya et Izuku lui firent signe depuis le hall. Ils l'attendaient. Comme presque tous les matins, les trois garçons avaient prévu de prendre leur petit déjeuner ensemble. Sauf qu'aujourd'hui, c'était différent.
"-Bonjour. ,les salua le bicolore en arrivant à leur niveau, Bien dormi ?
-Bonjour, Todoroki. Bien dormi, et toi ? ,demanda Tenya en souriant poliment.
-Ça va. , répondit mécaniquement le fils d'Endeavor, Pas moins bien que d'habitude."
Il savait que sa tendance à se montrer négatif dans sa façon de résumer la plupart des gestes quotidiens de sa vie en prenait plus d'un de court... Mais pas ces deux-là. Ingenium et Deku savaient que ce genre de phrase signifiait quelque chose de positif pour leur camarade... Et ne s'en souciaient presque plus.
Presque, c'était le mot.
Gentiment, Izuku prit la peine de le corriger en lui expliquant qu'il valait mieux qu'il réponde qu'il avait bien dormi dans ce genre de cas pour ne pas confuser les autres. C'était ce qu'il aimait avec ses amis. Ils prenaient toujours le temps de lui expliquer comment les choses fonctionnaient du point de vue des autres, ce que n'avaient jamais forcément fait ses proches, et il les écoutait toujours avec beaucoup d'attention.
Plus le temps passait, et plus Shoto se souciait de l'image qu'il pouvait renvoyer aux autres... Et son éducation sur le sujet passait beaucoup par son entourage dans la classe 1-A.
Pendant qu'ils échangeaient sur la meilleure façon de dire qu'on n'avait pas mal dormi, les trois garçons se mirent en route vers le réfectoire. L'air mordant de l'hiver encore bien présent avait poussé la plupart de ses camarades à bien se couvrir, mais ce n'était pas son cas. Son alter lui permettait de réguler sa température corporelle suffisamment efficacement pour éviter les rhumes, et il laissait volontiers ses camarades en profiter quand cela était possible.
Izuku, qui marchait donc à sa gauche, profitait d'une douce chaleur qui émanait de son côté chaud et sourit d'aise en desserrant son écharpe aux couleurs d'All Might.
Shoto aimait bien observer ses camarades dans ce genre de moments. Cela le fascinait que les autres n'aient pas de quoi se réguler par eux-mêmes et aient besoin de tant se couvrir, et ce besoin de chaleur ou de fraîcheur qu'ils pouvaient ressentir quand une température ou une autre se faisait trop présente. Il n'avait plus connu ça depuis trop longtemps. Et il avait beau avoir conscience de ce phénomène, il ne le comprenait pas pour autant. Et c'est pour ça qu'il fixait presque trop intensément les réactions de son camarade alors qu'il profitait de sa chaleur.
Tellement intensément que le vert finit par lui lancer un regard appuyé à son tour, faisant enfin réagir Shoto, qui bredouilla :
"-Oh. Désolé. Je te fixais.
-Ça va. , rit doucement son camarade avec un sourire, C'était pas méchant, je le sais. Et puis, c'est ta journée, je peux bien te laisser faire pour une fois."
Shoto le regarda sans comprendre où il voulait en venir, confus. Pourquoi aujourd'hui il aurait plus le droit de fixer sans avoir l'air méchant ou intrusif ? Sa naïveté, quoique amusante, fut bien vite éclairée par les explications de Tenya.
"-Ce que Midoriya veut dire, c'est que comme aujourd'hui, c'est ton anniversaire, tu peux plus ou moins faire ce que tu veux. Enfin, dans la limite du raisonnable. Compte sur moi pour te corriger au besoin !
-Oui, ne va pas non plus demander à tout le monde l'impossible..., rit le vert en approuvant les paroles, Mais en tant qu'ami, je t'accorde un peu de paix pour cette journée spéciale. Joyeux anniversaire, d'ailleurs !"
Le disciple d'All Might donna un léger coup d'épaule amical à son voisin, un sourire toujours collé à son visage constellé de taches de rousseur. Il rougit, pas forcément habitué à recevoir des vœux d'anniversaire en dehors de sa famille... Mais bon, il allait devoir s'y faire. Il lui restait deux ans à faire avec la même classe après tout.
"-C'est vrai. Bon anniversaire, Todoroki. , renchérit le délégué plus sérieusement, Ce n'est qu'une journée par an, mais tu as le droit à la paix, aujourd'hui."
Et rebelote. Le bicolore marmonna des remerciements maladroits et tenta de se faire tout petit. Allait-il recevoir vingt-deux autres fois ces compliments aujourd'hui ? Certainement. Et même si c'était inhabituel pour lui, ça le touchait qu'on pense à son anniversaire.
Même si la chose dont il se passerait bien, ce serait d'une fête.
"-Je suppose que je n'échapperai pas au traditionnel repas d'anniversaire à l'internat ce soir. , exposa-t-il avec un soupir las, J'y aurai droit, comme tout le monde.
-Eh bien... malheureusement pour toi, oui. ,soupira Ingenium, visiblement gêné lui aussi, J'ai bien tenté de dissuader les troupes, mais Yaoyorozu-chan y tenait et tu sais comment elle est. Une fois décidée, on ne peut plus l'arrêter. Mais je lui fais confiance, elle te connaît, elle ne fera pas quelque chose de grandiose."
Du moins, il l'espérait. À la façon dont le bleu avait regardé sur le côté pour éviter son regard, Shoto comprit. Il était peut-être naïf, mais le délégué était un piètre menteur. Il avait peur que Momo abuse un peu des artifices pour ce soir mais... le fils d'Endeavor se rassura.
La noiraude connaissait son goût pour la discrétion. Elle n'abuserait pas en payant un gâteau trop cher à Sato ou en fêtant ça en grande pompe. Cela devrait être comme le repas pour l'anniversaire de Lily quelques jours plus tôt, simple et sans artifice.
Les trois garçons arrivèrent ainsi au réfectoire sans encombre. Ils s'y étaient tous pris suffisamment tôt pour éviter la foule du matin, mais la cantine était déjà bien remplie. Entre le brouhaha des conversations, ils prirent tous leur petit déjeuner habituel avant de s'installer dans un coin tranquille de la pièce.
Ici, personne ne viendrait les déranger, et tant mieux. Shoto avait des messages auxquels il devait répondre.
Alors qu'Izuku et Tenya commençaient à échanger sur les cours du jour, le bicolore prit alors discrètement son téléphone sous la table pour ouvrir la première conversation avec sa sœur... et commencer un long échange texto laborieux avec elle, dans l'optique de l'organisation de la semaine suivante.
❄︎
La sonnerie de midi retentit après des heures de cours intensives. Personne dans la 1-A ne cacha son soulagement palpable et tous se levèrent pour aller profiter d'un repas bien mérité au réfectoire. Tout le monde sauf Shoto.
Le bicolore resta assis à sa place après la sonnerie, disant à ses amis de partir sans lui pour le repas en espérant avoir un moment de paix.
Depuis le début des cours, plus de la moitié de la classe était venue lui souhaiter son anniversaire, et cela l'avait presque épuisé socialement. Il avait besoin d'un peu d'espace pour gérer son propre stress vis-à-vis du nombre d'interactions sociales que cette journée entraînait... Mais pas que. Dans une trentaine de minutes, il attendait un appel important... Et il ne voulait pas le rater.
De toute façon, il s'était fait préparer un bento par Lunch Rush pour pouvoir manger directement en salle de classe sans être dérangé. C'était mieux ainsi, et ça lui faisait gagner du temps. Il commença donc la dégustation de ses sobas froids habituels avec appétit... Tout en continuant la conversation SMS interrompue avec sa sœur au début des cours. Il ouvrit sa messagerie tout en aspirant goulûment ses nouilles et lut :
Fuyumi – C'est bon, j'ai bien réservé le gâteau. Papa et Natsuo seront là comme promis et maman... Eh bien, les médecins n'ont pas autorisé de sortie malheureusement. Ça ira quand même ?
Shoto – Ça ira. Ce n'est pas comme si j'avais espéré qu'ils l'autorisent à voir père de toute façon. Un appel avec elle suffira, ne t'inquiète pas. Tu n'as pas payé le gâteau trop cher, j'espère ?
Fuyumi – Arrête donc de te soucier du budget, on n'est pas dans le besoin. J'ai été raisonnable, promis.
Trois petits points s'affichèrent en bas de l'écran indiquant que sa sœur aînée était encore en train d'écrire un autre message et elle ajouta :
Fuyumi – Et puis, ce ne sera pas un anniversaire que pour toi de toute façon, tu le sais bien. Tu penses que je devrais réserver un bouquet pour l'autel de Toya ?
Avalant une bouchée de travers, Shoto sentit tous ses muscles se tendre. Voilà le sujet qu'il craignait d'aborder qui tombait. Toya. Son frère aîné décédé dont l'anniversaire tombait pile la semaine prochaine. Il aurait dû avoir la vingtaine. Il ne les aurait jamais.
Pas que cela ne le touche grandement. Il n'avait que quelques années de vie quand l'incident qui avait emporté son frère aîné avait eu lieu et son souvenir de lui n'était pas très vif. Son père ne lui avait jamais permis de jouer avec eux pour l'entraîner sur son alter.
Mais pour Fuyumi et Natsuo, c'était différent. Ses deux aînés avaient été très proches de Toya de son vivant, et ils tenaient régulièrement à honorer leur frère sur son autel funéraire dans la maison familiale. C'était une tradition à laquelle ils n'échappaient jamais, sous aucun prétexte. Le 18 janvier était un jour douloureux pour toute la famille Todoroki.
Et d'un coup, Shoto se sentit presque coupable d'avoir dû imposer sa fête d'anniversaire sur cette journée-là. Alors, pour prouver sa bonne foi, il suggéra à sa sœur :
Shoto – Et pourquoi pas une fleur chacun ? J'aimerais bien faire un tour sur son autel moi aussi. Je ne sais pas s'il avait une fleur préférée mais ce serait sympa qu'on fasse tous un bouquet commun. Tu sais... Avec chacun sa propre intention.
Cette idée lui était venue seul, presque naturellement. Cette année, sans savoir pourquoi, la petite fête qu'organisait sa sœur avait un goût spécial. Un goût de renouveau, qu'il avait commencé à sentir quand il avait commencé à étudier ici.
Se rapprocher des autres, se faire des amis, comprendre que malgré l'isolement qu'il avait toujours vécu, il était capable de sentiments. Ça l'avait poussé à changer tous ses motifs de fonctionnement jusqu'ici durement acquis seulement dans l'éducation abusive de son père. Désormais, et même s'il n'avait connu que trop peu son frère, il désirait l'honorer, comme s'il avait encore été ici. Après tout, s'il était vivant, ils auraient dû partager cette journée à deux. Ce n'était pas rien.
Et il allait devoir souffler les bougies pour lui autant que pour Toya, car il était celui encore en vie.
Son téléphone vibra, le sortant de la torpeur dans laquelle il s'était plongé avec cette réflexion. Fuyumi venait de lui répondre :
Fuyumi – C'est une excellente idée ! Je vais faire ça, ça changera de d'habitude ! C'est gentil de faire l'effort de te recueillir avec nous en tout cas ! Ça me touche.
Shoto – Je trouve ça plutôt normal, à vrai dire. Père ne m'avait jamais laissé faire auparavant mais cette année, il ne m'en empêchera pas. C'était aussi mon frère, autant que le vôtre.
Pour la suite, sa sœur n'envoya pas de réponse. Mais Shoto l'imaginait parfaitement. Elle était sensible, elle s'était sûrement mise à pleurer face à son téléphone... Ou quelque chose du genre. Il aurait pu l'appeler pour la consoler, même maladroitement, mais un simple coup d'œil à l'heure lui prouva qu'il n'en aurait pas le temps.
Il était 12 h 55. Presque l'heure à laquelle l'hôpital était censé lui accorder son appel avec sa mère. Et il ne voulait pas le rater. Alors, le bicolore finit rapidement son repas, soudain nerveux, et attendit que le temps passe. Ce qui sembla durer pour lui une éternité.
12 h 56.
Sa jambe se mit à tressauter nerveusement sous son bureau.
12 h 57.
Il se mordit l'intérieur de la joue pour chasser le stress, qui s'accrochait résolument au creux de son estomac.
12 h 58.
Ça lui donnait presque envie de vomir.
12 h 59.
Et de se ronger les ongles. Mais ce n'était pas une mauvaise habitude qu'il voulait prendre.
13 h 00.
Son téléphone sonna, affichant le numéro de l'hôpital G. Il décrocha son portable presque trop brusquement, comme si rater cet appel était une question de vie ou de mort. Pourtant, il savait que s'il avait raté l'appel, on le rappellerait dans la minute. Ce n'était pas la fin du monde.
Mais c'est surtout de peur de décevoir sa mère qu'il avait décroché aussi vite. Sa mère, dont la voix résonna dans le combiné à la seconde où il porta son cellulaire à son oreille, et bredouilla :
"-A-Allô...
-Bonjour Shoto. Joyeux anniversaire."
Ce fut presque, comme à chaque fois qu'il téléphonait ou rendait visite à sa mère. Un retour en enfance.
Si Rei Todoroki n'avait pas été enfermée dans un hôpital pour des raisons psychiatriques, on aurait presque pu croire qu'elle était une mère normale, avec la façon douce et affectueuse qu'elle avait de parler à ses enfants. Elle l'était pour lui, cette mère. Mais son mari l'avait poussée si profond dans les méandres de la maltraitance qu'elle n'avait pas su gérer la pression... Et elle en payait aujourd'hui les conséquences.
Malgré tout, Shoto lui avait pardonné à elle. Parce que, comme lui, elle était une victime dans cette histoire. Comme lui, elle n'avait fait que subir ce qu'Endeavor avait choisi de leur faire subir. Et aujourd'hui, c'était la première fois depuis des années qu'elle lui souhaitait bon anniversaire de vive voix.
"-Merci, maman... Comment tu vas ? Tout se passe bien, à l'hôpital ?
"-Oui oui. Tu sais, c'est la routine. Les médecins, les traitements, vos visites... Il n'y a rien de bien nouveau. Comment toi tu vas ? Ta journée d'anniversaire se passe bien ? Tu as eu quelques cadeaux de tes camarades ?
-Oui. Oui. Et non. Pas encore. La plupart de mes amis m'ont déjà souhaité mon anniversaire mais pas de cadeau en vue. , avoua l'adolescent d'un ton égal face à l'avalanche de questions de sa mère, Mais je pense que ça ne devrait pas tarder. On va sûrement fêter ça ce soir à l'internat... Comme à chaque anniversaire.
-Oh, tu vas avoir une fête ? Mais c'est génial ! Tu sais comment ça se passe ?"
Shoto sourit faiblement. Sa mère faisait toujours en sorte d'avoir des conversations les plus banales possible avec ses enfants. Ce n'était pas forcément volontaire, mais Shoto savait que c'était aussi parce qu'une infirmière veillait toujours à ce que les sujets ne dérivent pas sur des choses trop traumatisantes pour Rei. Elle était en capacité de parler, mais elle restait sensible.
Son fils joua donc le jeu. Il expliqua que oui, et raconta ce que la 1-A avait fait en début de semaine, pour l'anniversaire de Lily. L'organisation, la surprise, le gâteau, le repas. Il n'omit aucun détail. Car il le savait, plus il parlait, plus l'infirmière laissait de temps à sa mère pour profiter de cet appel. Pour une fois donc, il ne fut pas avare en paroles. Mais il l'était rarement avec Rei.
Pourtant, dans le fond de son esprit, la petite fête organisée par sa sœur à la maison continuait de se montrer présente. Insistante même. Il voulait en parler, même si le sujet restait sensible... Et malgré tous ses efforts pour garder ses pensées sur le sujet pour lui, il finit par craquer.
"-Tu sais..., dit-il doucement, comme pour ne pas rendre la conversation plus compliquée, Fuyumi t'en a sûrement parlé mais je vais à la maison pour fêter ça la semaine prochaine... Et j'ai pris une décision."
Un silence. Long. Lourd. À l'autre bout du combiné, Rei s'était figée, sûrement tendue mais attentive. Elle écoutait son enfant, même si elle savait que ce qu'elle allait entendre n'allait pas être plaisant. Prenant ce silence comme un encouragement, Shoto continua :
"-J'ai décidé que cette année j'allais me recueillir sur son autel. Après tout, c'est aussi son anniversaire, le 18 et... Je me demandais si tu voulais que je dépose une fleur de ta part à toi aussi ? Fuyumi est censée les commander aujourd'hui."
Pas de réponse. Si, juste un son. Un petit hoquet étouffé que le jeune homme sut qu'il s'agissait d'un pleur de sa mère. Pourtant, le bicolore ne se démonta pas. Ça lui faisait mal au cœur, de savoir Rei mal mais... Il avait besoin d'une réponse. Juste pour savoir, si elle voulait aussi honorer Toya malgré son décès.
Il attendit donc patiemment, et la réponse vint, la voix de sa mère légèrement brisée à travers le téléphone :
"-Bien sûr. Tu peux. C'est une très jolie idée que tu as là, mon chéri..."
Un nouveau bruissement de tissu, sûrement de mouchoir, passa à travers le téléphone puis un reniflement peu discret. Le bicolore laissa couler.
"-Je suis fière de toi, tu sais, Shoto ?, demanda Rei d'une voix éteinte, malgré la joie qui en teintait le fond, Tu as grandi si vite, je..."
Autre reniflement bruyant. Ça aurait pu devenir gênant, mais l'adolescent ne dit rien. Il laissait sa mère s'exprimer. Enfin, autant qu'elle le pouvait. En bruit de fond, la voix d'une infirmière glissa quelques mots à sa mère. Elle n'eut ainsi pas le temps de finir sa phrase et marmonna :
"-Je vais devoir raccrocher. Ça m'a fait plaisir de t'entendre. Tu me rends bientôt visite ?
-Bien sûr, maman... Dès que je peux, je viens te voir."
La promesse plana quelques secondes, prête à être tenue par le bicolore, et il soupira. Il aurait aimé que cet appel soit encore un peu plus long... Mais ce n'était certainement pas raisonnable. Il conclut juste platement en disant :
"-À bientôt. Je t'aime.
-Moi aussi, mon chéri. Passe une bonne journée, et profite de tes amis."
Puis, la tonalité s'arrêta. Trois longs bips transpercèrent les oreilles de Shoto alors que l'hôpital avait raccroché, le séparant de nouveau de sa mère... Et il eut un pincement au cœur. Mais au moins, il avait pu lui dire tout ce qu'il avait à dire.
Le bicolore reposa son téléphone sur son bureau en soupirant, et observa les restes de son repas non terminé devant lui. Il les repoussa. De toute façon, il n'avait plus faim.
Même s'il se sentit soudain démoralisé par la tournure qu'avait prise cet appel, il se décida à se ressaisir pour le reste de sa journée. Il ne fallait pas qu'il se laisse démotiver : cet après-midi, ils avaient un cours pratique et il comptait bien travailler d'arrache-pied pour se montrer digne de son permis provisoire nouvellement gagné.
Mais son trouble l'empêcha tout de même de remarquer un mouvement discret dans la pièce, celui d'une silhouette dans l'encadrement de la porte qui rebroussait chemin, sûrement après avoir entendu une bonne partie de la conversation qu'il venait d'avoir avec Rei... Qui était censée être restée privée.
❄︎
Sans surprise, le soir même, toute la 1-A organisa un énième repas commun pour fêter son anniversaire. Il n'en avait pas espéré moins de la part de ses camarades.
Malgré cela, Momo, dans sa façon d'organiser l'événement, donna tort aux craintes de Tenya. L'événement fut très informel : le repas, composé de soba froids (encore), fut mangé non à table, mais bien sur les nombreux canapés de la salle commune ou les tables basses... Puis vint le moment du gâteau.
Ou plutôt, des gâteaux, car dans un esprit de discrétion autant que de partage, la déléguée suppléante avait suggéré à Sato de préparer 24 petits gâteaux au chocolat différents pour éviter le gaspillage. Elle avait accompagné le tout de thé au gingembre, fidèle à elle-même, et vint elle-même poser le plateau de Shoto devant lui. Le bicolore était le seul dont le fondant était surmonté d'une bougie allumée, et quand la noiraude s'avança pour le lui donner, ses camarades se mirent à chanter.
L'ambiance était joyeuse, et au milieu de tout ça, le jeune Todoroki se sentit enfin à sa place. Même s'il ne savait pas vraiment comment réagir face à toute cette attention. Il resta donc figé, assis bien droit dans l'un des canapés de la salle commune, alors qu'on posait son gâteau devant lui, et ne réagit pas quand la chanson d'anniversaire se termina.
Tout le monde sembla l'attendre, et il cligna bêtement des yeux. Était-il censé faire quelque chose ? Gentiment, Momo le poussa, comme un enfant perdu, dans la bonne direction en lui chuchotant :
"-Souffle la bougie. C'est le moment."
Ah oui, c'est vrai.
Sorti de sa torpeur par sa camarade, l'adolescent inspira puis expira tout l'air de ses poumons sur la bougie, un peu maladroitement. Il avait presque oublié que c'était ce qu'il était censé faire, avec tous ces regards sur lui.
Quelques rires et applaudissements s'élevèrent autour de lui en approbation de son geste, et la fête reprit son cours. Ce moment intense d'attention sur lui passé, le bicolore se sentit presque soulagé de voir la fumée monter de la bougie éteinte devant lui. Il la retira du gâteau d'un geste rapide et imita les autres pour commencer la dégustation du dessert.
À côté de lui, Momo se rassit à sa place comme si de rien n'était et fit de même. Elle souriait, observant la salle commune pleine de conversations et de joie avec fierté, tout en sirotant son thé en silence. Comme elle en avait l'habitude. Plutôt que de profiter de la soirée qu'elle avait elle-même organisée avec les autres, elle restait bonne spectatrice, appréciant de voir son travail être concluant.
Cela n'empêchait pas le fils d'Endeavor de se sentir redevable. Alors qu'il l'observait discrètement du coin de l'œil, il avala une bouchée de son gâteau avant d'engager la conversation.
"-Merci de t'être donné tout ce mal pour moi... , dit-il faiblement en se redressant pour être sûr de se faire entendre par la noiraude, Tenya m'a expliqué que c'était ton idée, tout ça. Alors je suppose que je te suis redevable.
-Quoi ?! Oh non, tu ne m'es absolument pas redevable ! , s'exclaffa l'adolescente, surprise par ses remerciements, J'ai trouvé ça plutôt naturel, à vrai dire. Et tu es mon ami, je me voyais mal ne pas t'organiser quelque chose, même si c'est très modeste."
Elle posa sa tasse dans la coupelle devant elle et lui adressa un sourire lumineux. Un des rares sourires qu'elle montrait vraiment sincère depuis son arrivée à Yuei, et l'un des plus naturels, loin des petites mimiques modestes dont elle avait l'habitude. Radieuse, elle ajouta :
"-Je suis contente que ça te plaise, en tout cas ! C'est l'essentiel."
Shoto lui rendit son sourire avec plus de réserve, heureux intérieurement d'avoir pu être aussi bien entouré ces derniers temps... Et qu'elle ait pris cette initiative. Momo était une amie précieuse, dont il ne se séparerait pas de sitôt.
Et puis...
"-Il n'y a pas qu'à moi que ça plaît. , énonça-t-il avec douceur, toujours souriant, Les autres aussi semblent tous apprécier cette petite fête. Et à sa juste valeur."
Ou presque.
Creaty opina du chef à sa constatation, mais un éclair de malaise passa sur son visage. Elle avait voulu le cacher, mais le bicolore l'attrapa au vol et suivit son regard pour regarder dans la même direction qu'elle. Juste pour voir ce qui l'avait perturbée dans cette phrase.
Son regard tomba alors sur la silhouette menue d'Anastasia, installée sur un autre canapé de la salle commune avec Mina et Kyoka. Elle était recroquevillée sur elle-même, écoutant ses deux camarades discuter entre elles avec un petit sourire crispé, et jouait nerveusement avec le bout de ses cheveux coiffés en tresse. Shoto comprit immédiatement le trouble de Momo qui, prise sur le fait, avoua à mi-voix :
"-Ce n'est pas une accusation, mais... Elle a l'air ailleurs depuis le début de la soirée. Alors je me demandais juste si j'avais fait quelque chose de travers ou pour la mettre mal à l'aise... C'est tout."
Le bicolore comprit immédiatement le propos de sa camarade. Mais non, ce n'était pas ça, il en était certain. Quelque chose d'autre perturbait la blonde, mais il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus.
Il prit tout de même le temps de rassurer la noiraude en disant :
"-Non, ne t'inquiète pas. C'est sûrement autre chose."
Puis il se redressa, l'air résolu, avant d'ajouter :
"-Je vais aller lui parler. Elle a sûrement encore des soucis liés à sa sortie de Shadow Hunter. Je vais voir si elle a besoin de quelque chose."
Momo tendit la main, comme par réflexe, pour le retenir, mais se ravisa. Elle esquissa un petit sourire triste et soupira. Il fallait qu'elle apprenne à être moins protectrice, elle le savait. Anastasia n'avait rien fait de mal au bicolore.
"-Bien sûr, va-y ! , opina-t-elle avec encouragement, Elle a besoin d'un ami à qui parler, c'est certain."
Et elle le laissa partir.
Shoto lui adressa un dernier sourire rempli de gratitude, sachant à quel point c'était compliqué pour son amie depuis l'arrivée d'Anastasia, et il était reconnaissant qu'elle fasse autant d'efforts pour qu'elle s'intègre malgré tout. Malgré ses quelques défauts, la noiraude était un ange.
Décidé à venir en aide à sa camarade, il s'avança d'un pas assuré vers le canapé où la blonde et ses amies étaient installées et s'accouda au dossier de celui-ci. Les trois filles, prises de court au milieu d'une conversation, redressèrent la tête avec curiosité pour le scruter. Sans passer par quatre chemins, il dit :
"-Bonsoir les filles. Je peux parler à Anastasia en privé une petite minute ?"
La principale concernée le regarda d'un air interloqué, et Kyoka et Mina échangèrent un regard entendu. Lourd de sens. La rose, plus réactive et extravertie que ses camarades, prit les devants pour lui répondre.
"-Bonsoir, birthday boy !, rit-elle en se levant du canapé d'un coup, tirant la violette par le bras pour qu'elle suive son exemple, Bien sûr, avec plaisir ! Kyoka, viens avec moi, je voulais voir si les garçons avaient fini avec la console ! On va se faire une partie de Juste Danse !
-Hey ! Attends !, protesta la musicienne maladroitement, sans comprendre la situation, J'avais pas fini de discuter m-"
Pinky fit taire sa camarade en lui écrasant le pied et la tira dans la direction de la télévision la plus proche, sans autre forme de procès. C'était une façon peu discrète de laisser les deux adolescents entre eux, surtout avec le clin d'œil évocateur qu'elle adressa à Anastasia, mais ça fit l'affaire.
La blonde rougit en grommelant quelque chose entre ses dents, puis eut un soupir résigné. On ne pouvait que la comprendre, vu la façon dont ses amies venaient de la lâcher. Quoique... Shoto ne comprit pas trop sa réaction ni sa raison exacte.
Malgré cela, il fit le tour du canapé pour venir s'installer avec elle. Il s'enfonça dans les coussins, essayant de se mettre à l'aise mais... intérieurement, il était aussi tendu que la blonde. Pourquoi est-ce qu'il était si nerveux d'un coup ? Ça n'allait être qu'une conversation entre amis.
"-Ça va ?, demanda-t-il de but en blanc, autant pour lancer le sujet que pour briser le silence, Tu as l'air ailleurs depuis le début de la soirée... Quelque chose te préoccupe ?
-Ça va... ,mentit-elle de façon très mal dissimulée, ses doigts s'enroulant toujours plus nerveusement autour de sa mèche et son regard se faisant fuyant, Je suis fatiguée, c'est tout..."
Oulà. Anastasia n'était certes pas la personne la plus extravertie du monde, mais depuis qu'elle avait été officiellement intégrée à Yuei, elle ne s'était jamais montrée aussi froide envers lui... Ou presque. Cette réaction étrange ne fit qu'exacerber les soupçons du bicolore sur son amie. Et même s'il détestait l'idée de devoir le faire, il se retrouva forcé de lui tirer les vers du nez. Il réclama alors :
"-Tu es sûre ? Aucun nouveau problème avec Shadow Hunter ? Ou alors c'est avec Hitoshi ? Ça se passe mal ?
-Quoi ?! Non !!, s'insurgea la blonde en se redressant, surprise, C'est pas ça, je... Shadow Hunter ne m'a jamais recontactée... Et avec Shinso... Tout va bien ! C'est parfait... C'est juste que..."
Elle plaqua ses mains sur sa bouche, réalisant trop tard son erreur. Elle en avait trop dit. Ou pas assez, à en juger par le regard que lui lançait Shoto.
Et merde.
Elle dut se résigner à baisser sa garde, marmonnant avec embarras :
"-C'est juste que... Rah, c'est gênant !"
Mais Shoto sentait le mur qu'elle avait érigé entre eux se craqueler. Alors il se contenta de l'écouter, la tête penchée sur le côté.
Anastasia, elle, craqua. Elle soupira, ses épaules s'affaissant d'un air résigné, et elle se pencha pour fouiller son sac de cours au pied du canapé. Elle en sortit un petit paquet rectangulaire qu'elle fit glisser entre eux sur le canapé. Un cadeau. Puis elle expliqua :
"-Je voulais te l'offrir pendant la pause à midi, mais je suis arrivée au mauvais moment. Tu étais au téléphone... Et qu'on soit d'accord, je n'étais pas là pour écouter aux portes, mais...
-Mais tu as clairement entendu ce que je disais à ma mère à ce moment-là. , la coupa-t-il, étonné, Je vois..."
Il prit son menton dans sa main, essayant de comprendre pourquoi la blonde semblait être aussi embarrassée, puis il comprit. Il avait eu, à ce moment-là, le genre de conversation privée avec sa mère que beaucoup de gens n'auraient pas voulu voir entendue par une oreille extérieure. Mais il n'était pas comme beaucoup de gens.
Après quelques secondes de réflexion, il déclara :
"-C'est pas si grave, tu sais. Tu étais juste au mauvais endroit au mauvais moment.
-Mais j'ai écouté à la porte, et c'était clairement indiscret de ma part. , protesta la blonde en sautillant sur le canapé, gênée, J'aurais dû repartir à la seconde où j'ai su que tu étais au téléphone, mais j'ai été trop curieuse et... Ça m'a mise en défaut. C'est horriblement gênant !"
À ce moment précis, Shoto sut que si elle l'avait pu, la blonde se serait enterrée six pieds sous terre pour tenter d'échapper à la honte. Mais ça aurait été vain. Il se contenta donc d'essayer de la rassurer du mieux qu'il put, et marmonna :
"-Quoi que tu aies entendu ou compris de cette conversation, tant que tu n'en parles à personne... Ça me va.
-Ugh !! Promis, je resterai silencieuse comme une tombe sur le sujet !, grommela la blonde, avant d'esquisser un petit sourire contrit, Ce n'est pas comme si j'avais compris grand-chose de toute façon... Même si ça avait l'air important."
Ça l'était. Et Shoto sentait bien que sa camarade avait envie de poser mille et une questions sur le sujet, mais se garda bien de l'exprimer. Ce n'était pas le jour où il pourrait y répondre. Il n'y était pas prêt.
Alors, après avoir échangé un regard et un sourire qui se voulaient complices avec elle, il changea de sujet.
"-Et ça ?, demanda-t-il en pointant le paquet rectangulaire glissé entre eux, C'est quoi ?
-Je sais pas... ,rit doucement la blonde avec amusement, Ouvre, et tu verras."
Le bicolore ne se fit pas prier et prit le cadeau. En le soupesant et en observant la forme, il sut que c'était un livre. Mais en le déballant, il observa la couverture d'un air interloqué en lisant : Babylone, ou le devoir de révolte. Il n'avait même pas levé les yeux qu'Anastasia avait déjà commencé à s'expliquer :
"-C'est l'un de mes romans préférés. Si tu as aimé Le Trône de Fer, tu devrais beaucoup aimer celui-ci aussi. Il y a beaucoup moins de personnages, mais les enjeux y sont tout aussi grands. Tu vas adorer, j'en suis sûre...
-Je n'en doute pas. ,sourit le fils d'Endeavor en lisant la quatrième de couverture en diagonale, Merci, c'est très gentil."
Mais en relevant son regard vers la blonde, Shoto comprit enfin que c'était vraiment l'un de ses livres préférés. À la façon dont ses yeux brillaient rien que d'en avoir parlé ne serait-ce que quelques secondes... Elle était déjà comme une enfant. Et il aimait la voir comme ça.
Alors, avant d'avoir pu ravaler ses mots, il demanda :
"-Tu veux m'en parler un peu plus ?
-Oh ! Euh ! Oui, bien sûr ! , bredouilla-t-elle avant de se redresser, essayant de se ressaisir, Donc, c'est l'histoire d'un jeune garçon qui vit dans la Chine des années 1800 et..."
Et il aurait pu l'écouter comme ça pendant des heures. Car même si c'était sa journée et qu'il en avait bien profité, rien ne lui faisait plus plaisir que de voir son amie parler avec joie de son ouvrage préféré... Et d'être irrémédiablement elle-même en le faisant restait le plus beau cadeau qu'elle ait pu lui faire.
❄︎
Enfin un peu d'air.
Soulagé d'enfin sortir des murs oppressants de la maison familiale, Shoto inspira une grande goulée d'air frais et l'expira. Une buée blanche sortit de sa bouche, signe hivernal qui indiquait encore la période de grand froid. Pourtant, comme toujours, il n'était pas dérangé plus que cela par la température extérieure. Après la soirée qu'il venait de vivre justement, il avait bien besoin de se rafraîchir les idées.
Toute cette idée de fête avec sa famille avait été une catastrophe. La soirée ne s'était ponctuée que de joutes verbales peu sympathiques entre Natsuo et son père, difficilement évitées par une Fuyumi dépassée. Lui, comme toujours, ne s'en était pas mêlé. Mais les esprits s'étaient échauffés, et son frère avait fini par quitter la table, en rogne. Shoto n'avait alors même pas encore ouvert ses cadeaux.
Il n'en avait plus vraiment envie de toute façon.
Quand le silence s'était fait trop pesant, il avait enfin décidé d'aller se recueillir sur l'autel funéraire de Toya. Après tout, c'était censé être son anniversaire à lui ce soir, et quand il avait posé la fleur choisie par Fuyumi sur l'autel et prié, il n'avait fait que se demander comment son frère aurait pu être avec lui, s'ils avaient eu l'occasion de mieux se connaître.
Toutes ses pensées parasites l'avaient épuisé.
Mais désormais, dans le silence extérieur nocturne, le bicolore se sentait serein. Presque reposé même. Sa propre compagnie lui suffirait pour le reste de la soirée, et un petit tour de la maison à pied ne serait pas de trop. Il se mit donc à marcher lentement le long du porche de la maison, sans vraiment se concentrer sur l'un des sujets qui avaient animé la soirée, jusqu'à ce que, devant la porte principale, une silhouette familière se détache.
Natsuo.
Son frère aîné se tenait assis au bord du porche, prostré silencieusement dans la pâle lumière de la lune. Il fixait un point à l'horizon, clairement distrait, mais ne sursauta pas pour autant quand son cadet approcha pour regarder dans la même direction que lui.
Le jeune adulte fixait une colline, face à la propriété Todoroki. Une colline, non. Une friche plutôt. L'endroit avait été ravagé par les flammes quelques années plus tôt et seuls quelques arbres maigrichons avaient repoussé. Rien de bien passionnant... En dehors du fait que Shoto savait désormais que c'était la colline sur laquelle Toya avait perdu le contrôle de son propre alter... Et la vie.
Dans leur contemplation silencieuse, Natsuo finit par s'exprimer. Il dit d'une voix rauque de chagrin :
"-Tu sais... J'ai toujours pensé que c'était père qui avait tué Toya. Après tout, c'est lui qui l'a poussé à toujours plus forcer à renforcer ses flammes avant ta naissance. C'est lui qui lui a créé cette obsession de plaire... De satisfaire..."
Le blanc s'interrompit quelques secondes, passant une main lasse sur son visage en soupirant, et conclut :
"-Et c'est ce qui l'a tué. Alors Fuyumi et toi avez peut-être envie de lui pardonner, mais pas moi. Même pour vous faire plaisir, je ne lui pardonnerai jamais. Il a fait trop de mal."
Shoto demeura silencieux. Il détestait voir son frère se torturer autant que voir sa famille se désintégrer de l'intérieur, mais... Il le subissait aussi. Ils le subissaient tous. Ils l'avaient tous vécu. Pourtant, il ne pouvait pas non plus se résoudre à lui mentir. Pardonner Endeavor, il y songeait encore... Mais c'était compliqué. Il ne voulait pas prendre de décision trop hâtive et ne s'en cachait pas.
Pourtant...
"-Je comprends, et je respecte ta décision, Natsuo... Je n'étais pas venu te faire de reproches, juste prendre un peu l'air."
Aucun des deux frères n'ajouta quelque chose de plus. Tout était dit, la discussion était close. Ils fixèrent juste la colline durant ce qui parut durer à Shoto à la fois un instant et une éternité... Puis son aîné se leva, plus paisible.
"-Bien. Il va être temps que je rentre chez moi, il est tard., déclara Natsuo en s'étirant, un petit sourire aux lèvres, Je vais récupérer mes affaires. Je te ramène à Yuei ?"
Shoto accepta discrètement et les deux garçons se tournèrent pour rejoindre l'intérieur par la porte principale.
Mais alors que Natsuo s'engouffrait dans la maison familiale, son cadet s'arrêta une dernière fois pour regarder la colline au clair de lune. Pourquoi avait-il l'impression d'être observé ?
"-Shoto ! Ferme la porte, tu fais rentrer tout le froid !, râla Natsuo depuis l'intérieur, Et dépêche-toi, je n'ai pas toute la soirée !
-Ah oui, pardon... J'arrive."
Ce n'était sûrement rien. Chassant cette drôle d'impression persistante, il entra dans la maison à son tour, fermant la porte derrière lui sans se douter que, du haut de la colline, dans le silence de la nuit, deux silhouettes avaient observé toute la scène sans forcément la comprendre... Et sans passer à l'action, pour cette fois.
Fin.
❄❄❄
Nombre de mots: 6870 mots
Date de publication: 11/01/2026
Dernière mise à jour: 11/01/2026
Le mot de l'auteur: Allez, on ne m'arrête plus ! Quatrième écrit posté en quelques semaines, je suis trop efficace (je suis aussi au bout du rouleau mais chut mdr). Non en vrai, ça me fait plaisir d'avoir autant de nouveaux projets, je suis hype et j'organise plein de changement autant ici que dans ma vie personnelle et du coup je cours partout mais je suis heureux.se ! :3 Aujourd'hui, un nouveau hors-série sur Dabi, dont c'est l'anniversaire (bon anniversaire à lui hihi) et qui comme les précédents, parle de sa relation avec cette journée spéciale... Qui vous allez vite le voir, est compliqué !
Sur ce bonne lecture à tous.tes !
Sasha
TW de ce hors-série: Meurtres, traumatisme d'enfance et de violence sur mineur
♨♨♨
18 Janvier - Brûlant anniversaire
Hors-série corrigé
♨♨♨
L'avantage de la vie de vilain, c'est qu'on pouvait se lever tard, même le jour de son anniversaire. Surtout le jour de son anniversaire. Donc, comme la plupart du temps, ce jour-là, Dabi ne se réveilla pas à l'aube, mais bien vers la fin de la matinée. Pas tant car il avait envie de rester dans son lit, dans la toute nouvelle planque flambant neuve qu'il partageait avec le reste de l'Alliance depuis leur deal avec Re-Destro... mais bien pour maintenir les apparences.
Aujourd'hui devait être un jour comme les autres. Un jour où rien de particulier ne se passait, où Tomura disparaissait encore on ne savait où et où chacun serait libre de faire ce qu'il voulait de sa vie. Une journée comme les autres, en somme, et c'est tout ce qu'il demandait.
Qui, en même temps, dans sa situation, aurait envie de fêter le jour de sa naissance ? Le jour où il était venu au monde n'était pas un jour joyeux pour lui. Ça avait marqué le début de son enfer personnel. C'est ce jour-là que sa vie avait commencé, destinée dès le départ à partir en couille, dans la souffrance, car il avait fini par être abandonné par les deux personnes qui lui avaient donné la vie. Pour lui, ce jour était une plaie ouverte, et il n'avait pas besoin que quelqu'un vienne remuer le couteau dedans en fêtant ce jour malheureux.
Alors sa solution, c'était le déni. Faire comme si cette journée n'était qu'un jour comme les autres et agir comme tel.
Poussant sèchement la couverture rembourrée qui couvrait son corps encore tout habillé dans sa couchette, le vilain s'assit au bord de celle-ci en grommelant. Il n'était pas du matin, surtout quand ce qui lui avait fait ouvrir les yeux, comme tous les jours, était les querelles de ses camarades dans la pièce voisine. Le noiraud frotta le creux de sa nuque brûlée, agacé par le brouhaha incessant derrière le mur de paroi, et souffla un bon coup pour rester calme.
Peu importait ce à quoi le reste de l'Alliance discutait, il se devait de rester calme. Après tout, il était tard, ce n'est pas comme s'il ne s'était pas assez reposé.
Après avoir repris vaguement ses esprits, encore embrumé malgré tout dans un demi-sommeil, il enfila et attacha les bottes en cuir de son accoutrement habituel pour se lever. Il piétina jusqu'à la porte de sa chambre et l'ouvrit à la volée sans un mot.
Cela eut pour effet de faire taire les querelles. Il avait poussé la porte tellement fort que celle-ci avait claqué bruyamment contre le mur, d'un coup sec et net, mais il ne s'en souciait pas vraiment. Peu importe ce que ses camarades pensaient, il n'aimait pas se faire remarquer. Alors, tiquant d'un air agacé, il grommela :
"-Qu'est-ce que vous regardez, les ploucs ? J'ai un truc sur le visage ?"
Dans la salle de vie de la planque, Toga et Twice le scrutaient, visiblement stoppés en plein chahut. Spinner avait à peine levé les yeux de sa console, concentré sur un jeu vidéo quelconque. Mister Compress et Walkyrie, eux, le fixaient, interrompus dans une discussion autour d'un petit déjeuner dans l'un des canapés en satin de la planque. Sur un fauteuil voisin, Nightmare avait ouvert un œil au milieu de sa sieste pour jeter un coup d'œil curieux à la scène. Comme prévu, seul Shigaraki manquait à l'appel, sûrement parti à l'aube pour encore faire ses plans de grand chef vilain par lui-même.
C'est Toga qui brisa le silence, comme pour détendre l'atmosphère. Sans que personne ne sache si elle plaisantait ou était sérieuse, elle répondit :
"-Bah ouais, tu as une énorme trace de brûlure sur la tronche. Tu n'avais pas remarqué ?!"
Le noiraud leva les yeux au plafond, excédé. Bien sûr qu'il avait remarqué. Ses brûlures, il se les trimballait depuis presque dix ans maintenant. C'était devenu son signe distinctif, sa marque de fabrique. Il adressa juste un signe obscène du doigt à sa camarade, passant devant elle comme si elle n'existait pas et comme si une insulte n'avait pas fusé au passage de son geste de la part de Twice.
Sans un mot ni un regard, le noiraud alla s'affaler sur le coin de canapé encore libre à côté de ses deux collègues, qui ne semblaient pas forcément se préoccuper de la dispute amicale qui reprenait entre Toga et Twice. Mister Compress, débarrassé de son chapeau, masque et cagoule pour pouvoir boire confortablement, lui sourit d'un air affable en lui disant :
"-Bonjour Dabi. Thé ou café ?
-Fais pas genre, tu connais la chanson..., grogna-t-il en signe de réponse, s'affalant mollement dans les coussins avant d'ajouter, Café noir. Comme d'habitude."
Sans se soucier de la mauvaise humeur habituelle de son coéquipier, Compress se pencha vers la table basse pour servir un café encore chaud dans une tasse en porcelaine délicate avant de la lui tendre. Comme toujours, parmi toute l'équipe de bras cassés qui composait encore l'Alliance, c'était lui le plus serviable et celui qui faisait le moins de vagues. Mais c'était aussi le plus gros fouineur de la bande. Alors il ne s'étonna pas trop quand, une fois qu'il l'eut servi, il se tourna de nouveau vers Walkyrie pour continuer leur conversation et dit :
"-Alors... Où en étions-nous ? Ah oui. Je disais donc que ce que je pense, c'est qu'il voulait dire que bientôt, ce sera notre heure. Et qu'aujourd'hui, il avait sûrement à signer un contrat important pour l'avenir de notre cause. Tu comprends ? Un grand jour, qu'il a dit... C'est sûrement qu'un événement important va avoir lieu aujourd'hui. Et que ça figera définitivement notre avenir.
-Je comprends ton propos, mais... je ne sais honnêtement pas quoi en penser., renchérit Walkyrie en sirotant sa propre tasse, Il avait plutôt l'air de parler d'un événement, à vrai dire. Tomura parle rarement d'autre chose que de ses plans en ces termes, je le sais, mais... je ne sais pas. Ça avait l'air moins important que lorsqu'il nous a annoncé qu'il avait enfin un deal avec Re-Destro. Non, je pense honnêtement que c'est autre chose."
Même si, au fond, il s'en fichait un peu de savoir de quoi exactement retournait la conversation, Dabi tendit l'oreille. Il le faisait toujours de façon assez nonchalante quand il s'agissait des plans futurs de l'Alliance. Cela faisait quelque temps maintenant, depuis le combat contre le Front de Libération, qu'il ne s'était rien passé de particulier, et il s'ennuyait. À mourir.
Donc un peu d'action, de nouveauté, ça ne lui aurait pas fait de mal. Surtout pour détourner son attention de cette journée qu'il aurait préféré oublier.
Mais le sort sembla s'acharner, car Toga et Twice avaient fini de se chamailler comme deux enfants et revenaient, eux aussi, s'installer avec leurs camarades pour s'intégrer. Et les paroles de la petite blonde heurtèrent les barrières de Dabi à la vitesse d'un train.
"-Peut-être qu'il parlait d'un anniversaire ? Le sien, vous pensez ? On ne connaît pas nos dates de naissance respectives mais, si ça se trouve, il adorerait l'idée qu'on lui fasse une fête !
-Oh oui ! C'est une bonne théorie, ça !, s'enthousiasma Twice en suivant toujours son amie avant de changer de mood, Ah non, pardon ! C'est complètement tiré par les cheveux, ma grande ! Tu as fumé ou quoi ?!"
Les pitreries des deux blonds semblaient distraire assez les autres pour qu'ils ne le remarquent pas, mais Dabi venait de manquer de s'étouffer avec son café. Merde. Un anniversaire ?! Et si Tomura avait voulu parler de ça ?! Et du sien, par-dessus le marché ?! Si c'était le cas, il allait le brûler vif. Personne ne lui souhaitait son anniversaire ! Jamais ! Le docteur avait dû vendre la mèche, c'était sûr... Il était le seul à connaître sa vraie identité après l'avoir soigné. Et donc, par défaut, sa date de naissance.
Malgré son agitation intérieure, le noiraud fit au mieux pour rester de marbre. Il siffla la fin de sa tasse cul sec, posant celle-ci sèchement sur la table, comme il l'aurait toujours fait, et continua d'écouter la conversation sans intervenir.
C'était le meilleur moyen de ne pas trop éveiller les soupçons.
"-Elle n'a pas fumé, mais je pense que tu as raison., renchérit Nightmare, sans pour autant ouvrir les yeux. C'est complètement tiré par les cheveux, Personne ne fête son anniversaire ici... Ce n'est pas comme si les jours de nos naissances étaient bénis.
-Elle a raison. En plus, je connais la date de naissance de Shigaraki, et vous êtes loin du compte. , dit Spinner par-dessus sa console, toujours concentré sur sa partie, Son anniversaire, ce n'est pas avant un moment.
-Vraiment ?! C'est quand ?!"
Et voilà que Toga se mettait à essayer de tirer les vers du nez de Spinner. Juste pour une date d'anniversaire. Le jeune homme aux allures de reptile pesta contre elle, car elle l'empêchait presque de jouer en lui faisant passer cet interrogatoire, et on ne pouvait rarement l'énerver plus qu'en interrompant l'une de ses parties. Mais Himiko était du genre bornée et chahutait avec lui sur leur coin du canapé en disant :
"-Maiiiieuh ! Crache le morceau ! Comme ça, on lui fera une fête !! On a les moyens maintenant, on pourra lui faire la surprise !!
-Dans tes rêves, vampire !!, pesta le rose en se débattant pour lui échapper, Lâche-moi la grappe, il m'a fait promettre de ne pas cracher le morceau."
Cette conversation commençait à être dangereuse pour Dabi, autant qu'elle était bruyante. Dangereuse car, malgré le fait que l'attention n'était pas fixée sur lui pour l'instant, elle pourrait très vite l'être, car l'idée d'une fête semblait s'insinuer dans la tête des autres... insidieusement.
"-C'est vrai que ce serait sympa, si on pouvait fêter nos anniversaires. Peut-être que ça nous donnerait un semblant de normalité. , releva Walkyrie avec un air bienveillant et presque maternel sur le visage en observant leurs deux camarades se chamailler, Cela fait tellement longtemps qu'on ne m'a plus souhaité le mien... Ce serait agréable.
-Pas pour tout le monde. , tempéra Mister Compress avec un soupir, Mais je suis sûr qu'on pourra toujours organiser quelque chose pour ceux qui le souhaitent. N'est-ce pas ?
-OUAIS ! ,s'enthousiasma Spinner, fidèle à lui-même, Mais je ne vous donne pas ma date de naissance, ça, c'est dans vos rêves !
-Comme si, fou comme tu es, tu allais t'en souvenir !, railla Nightmare de façon sarcastique."
Cette fois, ce fut presque trop pour le noiraud. Pourquoi diable fallait-il que ce soit aujourd'hui qu'on parle de leurs anniversaires ?! Est-ce qu'il était maudit à ce point ?!
Son petit déjeuner était terminé, il se leva donc brusquement. Presque trop pour ne pas éveiller les soupçons, mais soit. Il en avait assez de cette conversation. Et de tous ses camarades. Aujourd'hui, il avait besoin d'air et de tranquillité. Plus que jamais. Pas qu'on remue le couteau dans la plaie.
"-Eh bien. Tu pars déjà ?, s'étonna Compress en le voyant se diriger vers la sortie sans autre forme de procès, Tu es bien matinal, pour une fois.
-J'ai un truc à régler à l'extérieur. , mentit le noiraud sans une once de culpabilité, Ne m'attendez pas avant tard ce soir. Ah, et ne me suivez pas ! Ou si je vous y prends, vous finissez en barbecue pour les héros. Potes ou pas, je ne ferai pas la différence !"
Il ponctua le tout d'un geste encore plus obscène que le précédent, arrachant quelques soupirs ou nouvelles insultes, puis quitta les lieux. Sans demander son reste.
Même quand il n'avait rien demandé, ses camarades avaient le don de le mettre sur les nerfs. Et aujourd'hui ne ferait pas figure d'exception... Même si, avec toutes ces conversations déplaisantes, il avait mis moins de temps à mettre les voiles qu'à l'accoutumée.
Quelle plaie.
Maintenant qu'ils l'avaient mis en rogne, il avait la furieuse envie de brûler quelque chose... Ou quelqu'un, juste pour son bon plaisir. Et ça tombait bien, car il avait récemment repéré une planque de petites frappes à quelques pâtés de maison de leur nouvelle planque, qui ferait parfaitement l'affaire... Et ne ferait pas long feu face à lui, même s'il s'y rendait seul.
Ou presque.
♨
Au final, bien avant d'arriver sur place, le vilain sut qu'il n'était pas au bout de ses peines.
Il le sut car, à peine avait-il débouché dans la ruelle derrière leur planque par une porte dérobée, qu'une silhouette familière et bien trop agaçante se dessina dans les ombres de celle-ci. Une silhouette masculine, reconnaissable entre mille car elle était affublée de deux ailes imposantes dans son dos. La silhouette de Hawks.
Le héros n°2. Le sale piaf qui jouait double jeu. Il ne manquait plus que lui pour gâcher sa journée.
Dabi tenta bien de l'esquiver, faisant demi-tour pour passer par un autre chemin et ne pas croiser le sien... Mais c'était sans compter sur le fait que le blond l'avait repéré. Avant qu'il n'ait pu fuir ou se fondre lui-même dans une cachette improvisée entre deux bennes à ordures, il le héla :
"-Oi ! Salut Dabi ! Ça fait un bail !"
Un bail pour Hawks, ça voulait dire une semaine.
Le héros passait une fois par semaine environ à la planque, voir comment la fine équipe de l'Alliance se portait, et prendre la température sur les avancées que faisaient les plans de Tomura. Évidemment, les membres de l'Alliance ne lui disaient pas tout, morcelant entre eux les différents éléments d'idées de leur chef pour éviter toute trahison... Mais avec lui dans les bottes, garder ses propres secrets était parfois une tâche ardue.
L'homme ailé était un vrai moulin à paroles... Mais il savait aussi communiquer de façon à faire avouer au moins méfiant le moindre de leurs secrets. Ce qui le rendait d'autant plus dangereux car, le temps avait beau être passé depuis leur première rencontre, il s'en méfiait de plus en plus. Le blond était trop investi pour son propre bien et cela ne le rendait que plus méfiant envers lui.
Pour Dabi, le numéro 2 des héros jouait un double jeu dangereux et risqué, et donnait des informations sur eux à d'autres héros ou à la commission pour les fragiliser. Mais comme Tomura avait décidé de partiellement lui accorder sa confiance après sa participation active au deal passé avec l'organisation de Re-Destro... Eh bien, pas d'autre choix que de laisser couler, tout en surveillant le moindre fait et geste du blond lors de ses visites.
Mais aujourd'hui, il n'allait pas pouvoir garder un œil sur lui. Il avait déjà quitté la planque ; s'il faisait demi-tour maintenant, cela aurait été suspect. De toute façon, maintenant qu'il était obligé de parler à ce sale piaf, il allait sûrement être encore plus en rogne par la suite. Alors autant en finir le plus vite possible.
Arracher le pansement et ensuite brûler vives quelques pauvres âmes que personne ne chercherait à retrouver une fois mortes. C'était son programme... Actuellement.
Lâchant un soupir las, le noiraud tourna de nouveau sur lui-même dans un mouvement qui se voulait nonchalant et scruta le héros de haut en bas. Celui-ci portait son uniforme habituel de patrouille, dans lequel il ne passait presque jamais inaperçu... Mais qui, au moins, lui serait utile en cas d'affrontement potentiel.
Hawks n'avait jamais baissé sa garde. Ce qui voulait dire une seule chose : il avait conscience des risques qu'ils prenaient en venant ici. Même s'il prétendait être de leur côté, il n'était jamais à l'abri de se faire tuer. Surtout avec l'Alliance.
"-Salut, face de piaf. , lâcha froidement le vilain en enfonçant ses mains brûlées dans ses poches, pour se retenir de brûler le blond sur place, Qu'est-ce que tu veux ?
-Rien, je faisais juste ma petite visite habituelle à mon équipe de vilains préférée! , rit le blond en lâchant un sourire faux à son interlocuteur, Tu sors ? Dommage, j'aurais espéré qu'on puisse discuter un peu, tous les deux.
-De quoi ?! J'ai rien à te dire ! Fais pas comme si on était potes, t'es juste un sous-fifre."
Hawks esquissa une moue boudeuse, clairement blessé de ne pas se voir intégré aussi bien qu'il le pensait auprès du noiraud... Mais celui-ci s'en fichait. Qu'il pense ce qu'il veuille et aille au diable ! Il ne se rapprocherait jamais d'un mec aussi proche d'Endeavor dans sa soi-disant parfaite petite vie de parfait héros. Quiconque était proche du numéro 1, pour lui, était désormais une pièce rapportée de la société. Un moins que rien qui voulait utiliser les autres pour arriver à ses fins.
C'est ce qu'était le blond pour lui. Ce qu'étaient tous les héros, à vrai dire. La plupart des gens faisaient ce métier pour l'argent et la gloire. Pas pour autre chose. Il détestait voir des hommes comme eux reconnus alors que l'Alliance ne faisait que se battre pour survivre... Et exister, à leur propre échelle.
La vie avait toujours été injuste. Et c'est ce qui l'avait rendu si méfiant au final. Mais il n'était pas près de baisser sa garde, tout comme le blond.
"-Okay ! Pardon, je pensais juste être sympa !, soupira ce dernier en levant les mains en l'air en signe de paix, Toutes mes excuses ! Je ne voulais pas te déranger dans une journée aussi chargée. Tu as l'air pressé, peut-être qu'on discutera une autre fois alors !
-Dans tes rêves, sale piaf !, pesta le noiraud en levant son doigt du milieu dans sa direction, nullement désireux de faire la paix, On sera jamais potes, toi et moi !"
Puis il tenta de nouveau de fuir. En vain.
Hawks ne tenta pas de le retenir, mais le son d'une porte qu'on ouvrait à la volée l'interrompit dans son chemin tout juste repris. La voix claironnante du héros lui confirma que quelqu'un d'autre venait de quitter la planque après lui, et c'était loin de lui plaire.
"-Oh, salut Wal ! Toi aussi, tu sors ? Mince, j'espère que je ne vais pas me retrouver tout seul, si vous fuyez tous la planque aujourd'hui.
-Salut Hawks. , répondit la violette sur un ton plus doux et poli que son camarade, presque familier, Oui, désolée, j'ai un ou deux détails à régler en ville aujourd'hui. Mais les autres sont encore à l'étage si tu veux. Compress a fait du thé, donc tu auras de quoi faire."
Dabi tourna à moitié la tête, voyant sa camarade rabattre son éternelle cape violette de costume sur ses épaules en disant ça, puis le masque noir en tissu cachant partiellement son visage pour dissimuler son identité. Alors elle sortait elle aussi ? Le noiraud serra les dents. Il espérait que ce n'était pas pour le suivre.
"-Je vois... Merci... , souffla le blond avec un sourire en coin en passant la porte qu'elle lui gardait ouverte, Passe une belle journée alors. Et ne te fais pas prendre."
Le héros ponctua ses paroles d'un geste en prenant la main libre de Walkyrie dans la sienne d'un air charmeur, les frôlant de ses lèvres, et arracha un soupir excédé et amusé à la vilaine. Celle-ci ne le repoussa pas non plus et le laissa passer en répondant :
"-Moi ? Jamais voyons ! Ce serait une hérésie que je me laisse prendre comme une bleue par des héros. Crois-moi."
Une plaisanterie à laquelle Hawks répondit par un rire franc, avant que la porte de la planque ne se referme derrière lui. Dabi ressentit une pointe d'amertume, à les voir si complices. C'était presque comme s'ils se connaissaient depuis des années, c'en était presque rageant.
Mais aussi, c'était suspect, sur certains aspects.
Walkyrie poussa un soupir presque soulagé quand la porte en fer de la planque claqua derrière le héros, et descendit le perron en silence. C'est là qu'elle sembla enfin remarquer sa présence à lui aussi. Elle ne l'avait pas fait avant car, même s'il était encore à portée d'oreille, il n'avait jusqu'ici pas été visible depuis là où elle était. Mais maintenant qu'ils partageaient la chaussée, les choses étaient bien différentes.
Les deux vilains se jaugèrent à quelques mètres de distance, comme si, l'un comme l'autre, ne disposaient pas d'assez d'espace personnel pour ignorer son adversaire... Et la violette fut la première à perdre patience. Clairement prise de court qu'il soit encore là, et un peu agacée, elle lâcha froidement :
"-Qu'est-ce que tu regardes ? Tu avais pas mieux à faire que de rester dans le coin ?
-Ouais, mais un blond à la con m'a retenu. , répliqua le noiraud à la dure, sans pitié, Pareil pour toi, apparemment. Tu comptais me suivre ? Je croyais avoir été clair, pourtant ?"
À la façon dont sa collègue tiqua, il sut qu'il avait tort. Elle n'était pas sortie pour le suivre. En revanche, elle aurait espéré être passée incognito. Quoi qu'elle ait prévu de faire, ce n'était sûrement pas quelque chose dont elle avait envie que les autres aient conscience... Elle cachait quelque chose. Mais avant qu'il n'ait pu l'interroger, elle s'assombrit et cracha :
"-Tu as été très clair ! Ne t'inquiète pas, je comptais pas te suivre ! J'ai mes propres affaires à régler, et ce n'est clairement pas quelque chose qui te concerne ! Alors mêle-toi de tes oignons et arrête de penser que tu es le centre de l'univers !"
Elle ponctua ses paroles en marmonnant une insulte très mal placée pour conclure mais cette fois, Dabi ne chercha pas à se défendre. Pour la sortir ainsi de ses gonds, il savait qu'il fallait pousser loin... Alors il n'insista pas. Certes, ce n'était pas la première fois qu'elle s'énervait après lui, elle avait même déjà frappé de colère, mais... Il n'eut pas envie de la brûler vive, contrairement à d'autres.
Il était loin d'avoir envie de tuer la violette, même si l'idée aurait pu paraître tentante avec d'autres.
Il la laissa donc tourner les talons rageusement, s'éloignant de lui par le côté opposé de la ruelle, et attendit qu'elle disparaisse pour être sûr qu'elle ne le suivrait pas. Car pour lui, les paroles ne suffisaient pas, seuls les actes comptaient... Et il ne tourna les talons à son tour qu'une fois qu'il fut certain que personne ne le suivrait... Pour le bien de son projet de meurtre d'anniversaire, autant que pour la subsistance de certains, qui ne méritaient pas de subir la fureur de ses flammes.
♨
"-Non ! Non, je t'en supplie, épargne-moi, je te promets que je ferai ce que tu veux. Je... ARGH !!!"
Et voilà une bonne chose de faite. Il en était à son onzième de la journée.
Malgré l'odeur de chair brûlée qui régnait dans la pièce, et la chaleur étouffante de ses flammes, Dabi ne broncha pas, presque soulagé de voir sa dernière victime se consumer comme une allumette sous la puissance de son alter. Ça lui avait fait un bien fou, ce petit tour dans cette planque décrépie de petits voleurs... Ça l'avait aidé à se calmer les nerfs tout en profitant d'un peu de temps libre et d'un peu de calme.
Comme au bon vieux temps.
Comme avant qu'il n'intègre l'Alliance, se liant définitivement à cette bande de bras cassés, à qui, tout compte fait, il s'était attaché. Comme un idiot.
Après sa sortie de l'hôpital, sa vie ne s'était rapportée qu'à ça : traîner dans des endroits mal famés, sans attache, brûlant quiconque osait soit se mettre sur son chemin, soit le provoquer, et ne jamais rester au même endroit.
Sous aucun prétexte.
Puis il avait trouvé sa place parmi Tomura et sa petite clique, sur un coup de tête, après la capture de Stain, en suivant le message que le vilain avait fait passer par ce symbole... En espérant enfin obtenir la vengeance dont il avait toujours rêvé... Car après tout, pourquoi pas. L'Alliance semblait être puissante. Il pourrait obtenir tout ce dont il pouvait rêver avec eux.
Ou presque.
Au final, il s'était retrouvé à se reconstruire une nouvelle vie malgré lui. Dans une nouvelle famille choisie qui était certes brisée, bancale et avec son lot de disputes... Mais dont les membres étaient là les uns pour les autres sans juger. Dans les bons comme dans les mauvais moments. Surtout dans les mauvais, quand on y regardait bien. Parce que le chemin n'avait pas été de tout repos jusqu'à récemment.
Tant mieux. Il détestait la routine et la tranquillité, qui offraient pourtant leur lot de confort, comme en ce moment... Cela l'ennuyait à mourir. Cela le rendait encore plus irritable que d'habitude... Et c'est ce qui créait le genre de choses qui arrivaient quand il avait besoin de se défouler sur un coup de tête. Comme aujourd'hui.
Des tueries de masse. C'est comme ça qu'ils appelaient ses crimes, à la télévision. Des actes de barbarie sur des groupes isolés, des meurtres souvent si sanglants qu'ils secouaient le public quelques temps... Avant d'être oubliés. Après tout, ses victimes n'étaient que des parias comme lui. Des rebuts de la société, faciles à tuer, dont personne n'en avait rien à faire durant leur vie... Et après leur mort.
Mais c'était sa façon à lui d'extérioriser sa colère, et il ne la changerait pas. Jamais.
D'un geste nonchalant du bras, Dabi chassa les dernières flammes ayant pris possession de l'entièreté de la planque, ne laissant derrière elles que des murs autrefois tagués couverts de cendres... Et presque une douzaine de corps carbonisés un peu partout à même le sol. Méconnaissables.
Satisfait de son travail, le vilain admira la position des corps carbonisés autour de lui, comme un peintre admirant son œuvre.
La plupart des petites frappes qu'il venait de tuer avaient tenté de fuir, en vain, et se retrouvaient donc soit en position fœtale après avoir tenté de ne pas se laisser avaler par les flammes, soit rampant à même le sol, à la recherche d'une issue quelconque. Une porte. Une fenêtre. N'importe quoi. Aucun n'avait réussi à en réchapper.
Quant aux autres, ceux qui avaient tenté de le combattre dans l'espoir de s'en sortir, il n'en restait que leurs dents, traînant sur le sol parmi les cendres. C'étaient les seules parties des corps complètement disparues qu'il laissa derrière lui.
Malheureusement, il ne pouvait pas rester ici éternellement.
L'endroit avait beau être isolé du reste de la ville, les pompiers, la police, les héros... Toutes les forces de l'ordre alentour avaient dû être prévenues et étaient sûrement déjà en route. Autant le dire franchement, cet endroit serait bientôt une scène de crime, et il ne tenait pas à être encore là quand cela arriverait.
Alors sans un regard en arrière, Dabi s'éclipsa du bâtiment désaffecté qu'il avait partiellement fragilisé avec son feu pour couvrir ses traces... Et le laissa s'effondrer à moitié derrière lui en s'éclipsant par la même ruelle par laquelle il était arrivé. Il s'enfonça dans le dédale étriqué de réseaux mal famés de la ville, laissant seulement le regard hagard ou malveillant de quelques autres petites frappes le suivre sans pour autant y faire attention.
Puis il retourna dans la lumière.
Enfilant un masque et une paire de lunettes de soleil, remontant le col de sa veste et fourrant ses mains dans ses poches, le noiraud prit une rue commerciale adjacente à son itinéraire pour se fondre dans la foule du week-end. En ce début de soirée, alors que le soleil descendait doucement sous la ligne d'horizon en baignant l'endroit d'une lumière orange, le monde lui permettrait plus facilement d'échapper à la vigilance des héros s'il y en avait lancés à sa poursuite... Et rendrait ses déplacements plus faciles, à défaut d'être fluides.
Il minimisait au maximum les risques d'être reconnu, ou presque... Car le sort semblait s'acharner sur lui, encore et toujours. Et par le sort, il était plutôt littéral, car il tomba encore et toujours sur la seule sorcière qu'il n'aurait pas aimé recroiser aujourd'hui. Walkyrie.
Cette fois, la vilaine avait troqué son costume pour une tenue quotidienne, plus passe-partout mais tout aussi flatteuse. T-shirt noir avec pentagramme, pantalon déchiré et rangers assorties. Il la scruta, se figeant sur place de surprise, avant d'essayer de reprendre contenance.
Elle avançait comme si de rien n'était, furetant entre les magasins en observant les vitrines comme toute bonne touriste étrangère l'aurait fait... Mais cette situation ne dura pas.
Malgré son déguisement, leurs regards finirent par se croiser, un éclair de surprise passa sur le visage de la violette... Avant qu'elle ne lui adresse un gentil sourire et un signe de la main. À grandes enjambées, la jeune femme vint dans sa direction comme si c'était la chose la plus naturelle du monde, comme si elle l'avait attendu. Mais elle jouait un rôle. Pour ne pas griller la couverture du vilain et faire comme si elle rejoignait... Eh bien, son petit ami, visiblement.
Sans lui demander au préalable, Walkyrie prit le bras du noiraud en crochet dans le sien, toute guillerette, et le tira vers elle. Elle jouait le rôle du parfait petit couple enamouré. Dieu savait que s'il n'avait pas recouvert son visage, Dabi aurait directement trahi cet acte, car il fit la grimace au contact de sa collègue. Il lui fallut un effort conséquent pour ne pas la repousser, même.
Il joua le jeu malgré tout, se laissant tirer dans la direction qu'il avait prise initialement par la jeune femme alors qu'elle lançait une conversation qui, en apparence, pouvait paraître normale :
"-Alors, ça va ? Tu as passé une bonne journée ?
-Mh... Mouais..., répondit Dabi, à moitié dans le jeu, La routine.
-La routine, tu es sûr ?, demanda-t-elle en riant avant de baisser d'un ton pour se faire plus discrète, Tu te fous de ma gueule ?! Tu es celui qui demande à ne pas être suivi et tu me stalkes ? Je vais commencer à croire que tu m'aimes bien, Dabi..."
Contrairement à ce à quoi il s'était attendu, son ton n'était pas plein de reproches... Plutôt... Amusé par la situation. Taquin même.
La violette semblait plus détendue que lors de leur précédente conversation plus tôt dans la journée, et c'était tant mieux. Le noiraud était assez calmé pour supporter une ou deux blagues, mais pas des reproches. Alors qu'elle soit de meilleure humeur le mit dans de meilleures dispositions pour jouer à son petit jeu de couple en conversation au milieu d'une rue bondée.
Marmonnant dans sa barbe pour garder un semblant de tranquillité d'esprit, il dit sur un ton sarcastique :
"-Que veux-tu, je suis un incorrigible romantique."
Puis il toussa avant de reprendre plus sérieusement :
"-Non mais pour qui tu me prends ?! J'ai pas que ça à foutre de ma vie. Tu n'es pas le centre du monde, Walkyrie.
-Ouch. Touché. , rit la vilaine en roulant des yeux, amusée qu'il utilise ses propres mots contre elle, Je sais, on se croise juste par hasard. De un, car je t'aurais repéré en moins de cinq minutes si tu m'avais suivi... Et de deux car..."
Elle plissa le nez, reniflant sans aucune vergogne le bras de Dabi qu'elle tenait encore dans le sien avant d'ajouter :
"-Tu pues la chair brûlée. Sérieux, qu'est-ce que tu es encore allé cramer pour sentir aussi mauvais ?
-Crois-moi..., soupira le vilain en lui lançant un regard appuyé, Tu ne veux pas savoir.
-Tu as raison., l'imita-t-elle en regardant ailleurs, comme si elle avait compris, Je ne veux pas savoir."
Elle ne se détacha pas de lui pour autant. Comme si l'idée qu'il avait tué une poignée de pauvres mecs ne la dégoûtait pas. C'est ce qu'il aimait dans l'idée de fréquenter uniquement d'autres vilains au sein de l'Alliance. On ne le jugeait pas quand il faisait ce genre de choses à cause d'un excès de colère. Et ce n'était pas différent avec elle.
Ou ça l'était ? Le noiraud ne savait pas trop quoi en penser. Car dans le silence qui suivit, un malaise latent flotta, bien vite chassé par la question suivante de Walkyrie qui bégaya :
"-Et on va où comme ça ?
-On ? JE vais où le vent me mène, et toi, tu ferais mieux de rentrer à la planque. , grommela-t-il, s'extirpant enfin de la poigne de sa collègue alors qu'ils rentraient de nouveau dans une ruelle sombre à quelques pâtés de maisons désormais des lieux de ses crimes, J'ai encore besoin de tranquillité, sorcière.
-Pourquoi ? Recommencer à brûler des trucs ?, répliqua-t-elle du tac au tac, réactive, Hors de question que je te laisse faire. Les héros pourraient nous retrouver à force que tu leur laisses des indices. Si tu comptes aller quelque part, je viens avec toi. Ou alors, je vais prévenir Tomura et les autres. C'est toi qui vois !"
Dabi leva les yeux au ciel et soupira. Cette fille était une plaie. Littéralement. Une fois elle se montrait froide, distante et exigeante, et l'heure d'après, elle n'était que douceur et protection envers l'Alliance. Une sorte de sœur... Ou de maman selon de qui on prenait le point de vue.
Or, Dabi n'avait pas besoin qu'on le babysitte. Ça, non merci.
Mais l'idée qu'elle le suive lui déplaisait moins que l'affrontement qu'il aurait à avoir avec Tomura et les autres s'ils apprenaient qu'il avait brûlé un groupe d'individus, laissant ainsi un indice clair sur la présence de l'Alliance en ville. Alors il céda.
"-Bien. Mais tu ne poses pas de questions., imposa-t-il fermement pour que l'échange soit équitable, Où que l'on aille, tu me fais confiance, et on n'en parle pas.
-Chef, oui, chef. , rit la violette en venant lui mettre un léger coup de coude taquin avant d'ajouter, Fais pas cette tête, ça va être fun. On pourra prendre un peu de plaisir à traumatiser innocemment quelques civils, si tu veux.
-Alors pour ça, compte sur moi., sourit vaguement le vilain en enlevant masque et lunettes de soleil avec enthousiasme, laissant ses pieds le porter au hasard dans une autre partie de la ville, Mais ne viens pas te plaindre ensuite si on se fait repérer. Je suis extrêmement reconnaissable dans le genre."
Un dernier éclat de rire vint illuminer vaguement la ruelle sombre et humide, avant que les deux compères ne disparaissent de nouveau au coin d'une autre ruelle... Laissant le vent les porter là où il serait alors le mieux pour eux d'aller, du moins, pour ce soir.
♨
Au final, ils échouèrent dans un quartier résidentiel en périphérie du centre-ville. Le genre de quartier tranquille où personne ne traînait vraiment, sauf ceux qui y habitaient, mais suffisamment proche du centre-ville pour être aussi un quartier huppé.
Et Dieu savait qu'habituellement, c'était le genre de quartier, si ce n'est le seul endroit au Japon, dans lequel Dabi avait essayé de ne pas venir toute l'année... Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, avec son anniversaire, c'était particulier.
Les deux comparses s'étaient arrêtés à la tombée de la nuit sur une colline du quartier, un peu à l'écart sous le couvert des quelques maigres arbres au sommet de celle-ci, et observaient le paysage en silence pour l'un, et le ciel pour l'autre.
La lune brillait intensément, ce qui faisait que Walkyrie était suffisamment distraite pour ne pas l'observer, et ainsi il passa la soirée à fixer une maison en particulier, juste en bas de la colline sur laquelle ils se cachaient.
L'endroit semblait habité, plein de vie, en cette soirée fraîche d'hiver, mais il n'en était pas forcément étonné. La famille qui y vivait se recueillait chaque année à cette date dans cette maison silencieuse et tranquille, et cette année ne faisait pas exception. Même si les choses commençaient à bouger pour tout le monde.
Au bout d'un certain moment, très tard dans la nuit, alors que le vilain continuait de fixer la porte, une première silhouette se dessina sous le préau de celle-ci pour observer la colline en contrebas... Puis une seconde, qui fit froncer ses sourcils. Comme s'il ne s'attendait pas à voir une seconde personne venir ici ce soir.
Pourtant, c'était le cas.
Et alors qu'il continuait d'observer les deux individus d'en haut sans bouger, comme pour ne pas se faire repérer sur cette colline sombre, Walkyrie sembla remarquer son trouble. Brisant le silence, elle demanda :
"-Eh, Dabi. Je peux te poser une question ?
-Non., grogna le noiraud sans ciller, La condition pour que tu viennes, c'était pas de question. Alors tu te tais, et tu attends.
-Pff... Tu es même pas drôle... , râla la violette, faussement blessée, J'allais juste demander si tu faisais du repérage pour brûler la baraque, c'est tout. Parce que si c'est le cas, je veux aider. Ça te dirait ?"
Le vilain ne répondit pas. Il ne nia ni ne confirma que, peut-être, parfois, brûler cette maison qui avait été autrefois la sienne lui ferait du bien, et haussa les épaules. Peu importait, à vrai dire. Il aurait sa vengeance, un jour ou l'autre.
Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, il avait décidé de laisser un moment de répit à la famille qui vivait encore ici... Mais celui-ci ne serait plus très long. Bientôt, il aurait sa revanche.
Les deux silhouettes en contrebas finirent par bouger. Elles disparurent de nouveau dans la maison, l'une prenant plus de temps que l'autre pour partir, mais le silence resta comme unique compagnon aux deux vilains sur la colline. Un silence que Walkyrie brisa de nouveau en disant :
"-Eh, Dabi.
-Quoi encore ?, soupira le concerné, agacé, Ce que tu peux être bavarde quand tu t'y m-
-Joyeux anniversaire."
Le noiraud se figea, stupéfait, et se trahit tout seul en se tournant vivement vers sa voisine. Victorieuse, la violette lui adressa un sourire amusé, qui hurlait à lui tout seul "je t'ai eu". Il devait se rendre à l'évidence, sa collègue avait été plus observatrice que ce à quoi il l'avait crue capable.
Peu importe comment elle l'avait deviné, le mal était fait. Mais étonnamment... Pour une fois, il n'avait pas envie de la brûler vive. Plutôt que de faire ça, il poussa un soupir résigné, et regarda ailleurs en grommelant :
"-Merci... Je suppose. Mais si tu en parles aux autres, tu es morte, compris ? J'ai pas envie que tout le monde connaisse ma date de naissance.
-Oh, t'inquiète. J'ai gardé cette théorie pour moi, ce n'est pas pour la partager une fois confirmée !, rit-elle en se rallongeant dans l'herbe, Crois-le ou non, mais je trouve ça amusant d'avoir l'exclusivité de te taquiner là-dessus. Ça me donne un moyen de pression si un jour je dois négocier un truc avec toi."
Une menace en l'air, évidemment. Si Walkyrie devait un jour le menacer, elle n'utiliserait pas une chose aussi triviale que sa date d'anniversaire pour le faire. Plutôt une lame bien affûtée, pour rester dans son domaine de prédilection.
Il haussa donc juste les épaules, s'allongeant de nouveau à son tour à côté de sa camarade pour regarder un peu le ciel avec elle et prendre une pause... Sans admettre qu'au fond, que quelqu'un lui ait souhaité son anniversaire ce soir, avant que cette journée ne se termine, l'avait touché bien plus que ce qu'il aurait voulu se l'avouer, aux autres comme à lui-même.
Fin.
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Date de publication: 18/01/2026
Dernière mise à jour: 18/01/2026