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Date de création : 08.05.2019
Dernière mise à jour :
21.01.2026
103 articles
courage on se soutien pour les burns out faut un max se reposer! http://reve-of -manga.centerb log.net
Par Lily Sawaka, le 27.02.2025
trop de nouveauté en mars :') vivementtttt http://reve-of -manga.centerb log.net
Par Lily Sawaka, le 27.02.2025
n'est-ce-pas ? c'est fou les premiers amours uwu http://anastas iaskywalker.ce nterblog.net
Par Anastasia, le 16.07.2024
moooh la fin avec mikako qui avoue sentir une chaleur au coeur omg si chooou http://reve-of -manga.centerb log
Par Lily Sawaka, le 14.07.2024
exactement uwu http://reve-of -manga.centerb log.net
Par Lily Sawaka, le 14.07.2024
Le mot de l'auteur: Allez, on ne m'arrête plus ! Quatrième écrit posté en quelques semaines, je suis trop efficace (je suis aussi au bout du rouleau mais chut mdr). Non en vrai, ça me fait plaisir d'avoir autant de nouveaux projets, je suis hype et j'organise plein de changement autant ici que dans ma vie personnelle et du coup je cours partout mais je suis heureux.se ! :3 Aujourd'hui, un nouveau hors-série sur Dabi, dont c'est l'anniversaire (bon anniversaire à lui hihi) et qui comme les précédents, parle de sa relation avec cette journée spéciale... Qui vous allez vite le voir, est compliqué !
Sur ce bonne lecture à tous.tes !
Sasha
TW de ce hors-série: Meurtres, traumatisme d'enfance et de violence sur mineur
♨♨♨
18 Janvier - Brûlant anniversaire
Hors-série corrigé
♨♨♨
L'avantage de la vie de vilain, c'est qu'on pouvait se lever tard, même le jour de son anniversaire. Surtout le jour de son anniversaire. Donc, comme la plupart du temps, ce jour-là, Dabi ne se réveilla pas à l'aube, mais bien vers la fin de la matinée. Pas tant car il avait envie de rester dans son lit, dans la toute nouvelle planque flambant neuve qu'il partageait avec le reste de l'Alliance depuis leur deal avec Re-Destro... mais bien pour maintenir les apparences.
Aujourd'hui devait être un jour comme les autres. Un jour où rien de particulier ne se passait, où Tomura disparaissait encore on ne savait où et où chacun serait libre de faire ce qu'il voulait de sa vie. Une journée comme les autres, en somme, et c'est tout ce qu'il demandait.
Qui, en même temps, dans sa situation, aurait envie de fêter le jour de sa naissance ? Le jour où il était venu au monde n'était pas un jour joyeux pour lui. Ça avait marqué le début de son enfer personnel. C'est ce jour-là que sa vie avait commencé, destinée dès le départ à partir en couille, dans la souffrance, car il avait fini par être abandonné par les deux personnes qui lui avaient donné la vie. Pour lui, ce jour était une plaie ouverte, et il n'avait pas besoin que quelqu'un vienne remuer le couteau dedans en fêtant ce jour malheureux.
Alors sa solution, c'était le déni. Faire comme si cette journée n'était qu'un jour comme les autres et agir comme tel.
Poussant sèchement la couverture rembourrée qui couvrait son corps encore tout habillé dans sa couchette, le vilain s'assit au bord de celle-ci en grommelant. Il n'était pas du matin, surtout quand ce qui lui avait fait ouvrir les yeux, comme tous les jours, était les querelles de ses camarades dans la pièce voisine. Le noiraud frotta le creux de sa nuque brûlée, agacé par le brouhaha incessant derrière le mur de paroi, et souffla un bon coup pour rester calme.
Peu importait ce à quoi le reste de l'Alliance discutait, il se devait de rester calme. Après tout, il était tard, ce n'est pas comme s'il ne s'était pas assez reposé.
Après avoir repris vaguement ses esprits, encore embrumé malgré tout dans un demi-sommeil, il enfila et attacha les bottes en cuir de son accoutrement habituel pour se lever. Il piétina jusqu'à la porte de sa chambre et l'ouvrit à la volée sans un mot.
Cela eut pour effet de faire taire les querelles. Il avait poussé la porte tellement fort que celle-ci avait claqué bruyamment contre le mur, d'un coup sec et net, mais il ne s'en souciait pas vraiment. Peu importe ce que ses camarades pensaient, il n'aimait pas se faire remarquer. Alors, tiquant d'un air agacé, il grommela :
"-Qu'est-ce que vous regardez, les ploucs ? J'ai un truc sur le visage ?"
Dans la salle de vie de la planque, Toga et Twice le scrutaient, visiblement stoppés en plein chahut. Spinner avait à peine levé les yeux de sa console, concentré sur un jeu vidéo quelconque. Mister Compress et Walkyrie, eux, le fixaient, interrompus dans une discussion autour d'un petit déjeuner dans l'un des canapés en satin de la planque. Sur un fauteuil voisin, Nightmare avait ouvert un œil au milieu de sa sieste pour jeter un coup d'œil curieux à la scène. Comme prévu, seul Shigaraki manquait à l'appel, sûrement parti à l'aube pour encore faire ses plans de grand chef vilain par lui-même.
C'est Toga qui brisa le silence, comme pour détendre l'atmosphère. Sans que personne ne sache si elle plaisantait ou était sérieuse, elle répondit :
"-Bah ouais, tu as une énorme trace de brûlure sur la tronche. Tu n'avais pas remarqué ?!"
Le noiraud leva les yeux au plafond, excédé. Bien sûr qu'il avait remarqué. Ses brûlures, il se les trimballait depuis presque dix ans maintenant. C'était devenu son signe distinctif, sa marque de fabrique. Il adressa juste un signe obscène du doigt à sa camarade, passant devant elle comme si elle n'existait pas et comme si une insulte n'avait pas fusé au passage de son geste de la part de Twice.
Sans un mot ni un regard, le noiraud alla s'affaler sur le coin de canapé encore libre à côté de ses deux collègues, qui ne semblaient pas forcément se préoccuper de la dispute amicale qui reprenait entre Toga et Twice. Mister Compress, débarrassé de son chapeau, masque et cagoule pour pouvoir boire confortablement, lui sourit d'un air affable en lui disant :
"-Bonjour Dabi. Thé ou café ?
-Fais pas genre, tu connais la chanson..., grogna-t-il en signe de réponse, s'affalant mollement dans les coussins avant d'ajouter, Café noir. Comme d'habitude."
Sans se soucier de la mauvaise humeur habituelle de son coéquipier, Compress se pencha vers la table basse pour servir un café encore chaud dans une tasse en porcelaine délicate avant de la lui tendre. Comme toujours, parmi toute l'équipe de bras cassés qui composait encore l'Alliance, c'était lui le plus serviable et celui qui faisait le moins de vagues. Mais c'était aussi le plus gros fouineur de la bande. Alors il ne s'étonna pas trop quand, une fois qu'il l'eut servi, il se tourna de nouveau vers Walkyrie pour continuer leur conversation et dit :
"-Alors... Où en étions-nous ? Ah oui. Je disais donc que ce que je pense, c'est qu'il voulait dire que bientôt, ce sera notre heure. Et qu'aujourd'hui, il avait sûrement à signer un contrat important pour l'avenir de notre cause. Tu comprends ? Un grand jour, qu'il a dit... C'est sûrement qu'un événement important va avoir lieu aujourd'hui. Et que ça figera définitivement notre avenir.
-Je comprends ton propos, mais... je ne sais honnêtement pas quoi en penser., renchérit Walkyrie en sirotant sa propre tasse, Il avait plutôt l'air de parler d'un événement, à vrai dire. Tomura parle rarement d'autre chose que de ses plans en ces termes, je le sais, mais... je ne sais pas. Ça avait l'air moins important que lorsqu'il nous a annoncé qu'il avait enfin un deal avec Re-Destro. Non, je pense honnêtement que c'est autre chose."
Même si, au fond, il s'en fichait un peu de savoir de quoi exactement retournait la conversation, Dabi tendit l'oreille. Il le faisait toujours de façon assez nonchalante quand il s'agissait des plans futurs de l'Alliance. Cela faisait quelque temps maintenant, depuis le combat contre le Front de Libération, qu'il ne s'était rien passé de particulier, et il s'ennuyait. À mourir.
Donc un peu d'action, de nouveauté, ça ne lui aurait pas fait de mal. Surtout pour détourner son attention de cette journée qu'il aurait préféré oublier.
Mais le sort sembla s'acharner, car Toga et Twice avaient fini de se chamailler comme deux enfants et revenaient, eux aussi, s'installer avec leurs camarades pour s'intégrer. Et les paroles de la petite blonde heurtèrent les barrières de Dabi à la vitesse d'un train.
"-Peut-être qu'il parlait d'un anniversaire ? Le sien, vous pensez ? On ne connaît pas nos dates de naissance respectives mais, si ça se trouve, il adorerait l'idée qu'on lui fasse une fête !
-Oh oui ! C'est une bonne théorie, ça !, s'enthousiasma Twice en suivant toujours son amie avant de changer de mood, Ah non, pardon ! C'est complètement tiré par les cheveux, ma grande ! Tu as fumé ou quoi ?!"
Les pitreries des deux blonds semblaient distraire assez les autres pour qu'ils ne le remarquent pas, mais Dabi venait de manquer de s'étouffer avec son café. Merde. Un anniversaire ?! Et si Tomura avait voulu parler de ça ?! Et du sien, par-dessus le marché ?! Si c'était le cas, il allait le brûler vif. Personne ne lui souhaitait son anniversaire ! Jamais ! Le docteur avait dû vendre la mèche, c'était sûr... Il était le seul à connaître sa vraie identité après l'avoir soigné. Et donc, par défaut, sa date de naissance.
Malgré son agitation intérieure, le noiraud fit au mieux pour rester de marbre. Il siffla la fin de sa tasse cul sec, posant celle-ci sèchement sur la table, comme il l'aurait toujours fait, et continua d'écouter la conversation sans intervenir.
C'était le meilleur moyen de ne pas trop éveiller les soupçons.
"-Elle n'a pas fumé, mais je pense que tu as raison., renchérit Nightmare, sans pour autant ouvrir les yeux. C'est complètement tiré par les cheveux, Personne ne fête son anniversaire ici... Ce n'est pas comme si les jours de nos naissances étaient bénis.
-Elle a raison. En plus, je connais la date de naissance de Shigaraki, et vous êtes loin du compte. , dit Spinner par-dessus sa console, toujours concentré sur sa partie, Son anniversaire, ce n'est pas avant un moment.
-Vraiment ?! C'est quand ?!"
Et voilà que Toga se mettait à essayer de tirer les vers du nez de Spinner. Juste pour une date d'anniversaire. Le jeune homme aux allures de reptile pesta contre elle, car elle l'empêchait presque de jouer en lui faisant passer cet interrogatoire, et on ne pouvait rarement l'énerver plus qu'en interrompant l'une de ses parties. Mais Himiko était du genre bornée et chahutait avec lui sur leur coin du canapé en disant :
"-Maiiiieuh ! Crache le morceau ! Comme ça, on lui fera une fête !! On a les moyens maintenant, on pourra lui faire la surprise !!
-Dans tes rêves, vampire !!, pesta le rose en se débattant pour lui échapper, Lâche-moi la grappe, il m'a fait promettre de ne pas cracher le morceau."
Cette conversation commençait à être dangereuse pour Dabi, autant qu'elle était bruyante. Dangereuse car, malgré le fait que l'attention n'était pas fixée sur lui pour l'instant, elle pourrait très vite l'être, car l'idée d'une fête semblait s'insinuer dans la tête des autres... insidieusement.
"-C'est vrai que ce serait sympa, si on pouvait fêter nos anniversaires. Peut-être que ça nous donnerait un semblant de normalité. , releva Walkyrie avec un air bienveillant et presque maternel sur le visage en observant leurs deux camarades se chamailler, Cela fait tellement longtemps qu'on ne m'a plus souhaité le mien... Ce serait agréable.
-Pas pour tout le monde. , tempéra Mister Compress avec un soupir, Mais je suis sûr qu'on pourra toujours organiser quelque chose pour ceux qui le souhaitent. N'est-ce pas ?
-OUAIS ! ,s'enthousiasma Spinner, fidèle à lui-même, Mais je ne vous donne pas ma date de naissance, ça, c'est dans vos rêves !
-Comme si, fou comme tu es, tu allais t'en souvenir !, railla Nightmare de façon sarcastique."
Cette fois, ce fut presque trop pour le noiraud. Pourquoi diable fallait-il que ce soit aujourd'hui qu'on parle de leurs anniversaires ?! Est-ce qu'il était maudit à ce point ?!
Son petit déjeuner était terminé, il se leva donc brusquement. Presque trop pour ne pas éveiller les soupçons, mais soit. Il en avait assez de cette conversation. Et de tous ses camarades. Aujourd'hui, il avait besoin d'air et de tranquillité. Plus que jamais. Pas qu'on remue le couteau dans la plaie.
"-Eh bien. Tu pars déjà ?, s'étonna Compress en le voyant se diriger vers la sortie sans autre forme de procès, Tu es bien matinal, pour une fois.
-J'ai un truc à régler à l'extérieur. , mentit le noiraud sans une once de culpabilité, Ne m'attendez pas avant tard ce soir. Ah, et ne me suivez pas ! Ou si je vous y prends, vous finissez en barbecue pour les héros. Potes ou pas, je ne ferai pas la différence !"
Il ponctua le tout d'un geste encore plus obscène que le précédent, arrachant quelques soupirs ou nouvelles insultes, puis quitta les lieux. Sans demander son reste.
Même quand il n'avait rien demandé, ses camarades avaient le don de le mettre sur les nerfs. Et aujourd'hui ne ferait pas figure d'exception... Même si, avec toutes ces conversations déplaisantes, il avait mis moins de temps à mettre les voiles qu'à l'accoutumée.
Quelle plaie.
Maintenant qu'ils l'avaient mis en rogne, il avait la furieuse envie de brûler quelque chose... Ou quelqu'un, juste pour son bon plaisir. Et ça tombait bien, car il avait récemment repéré une planque de petites frappes à quelques pâtés de maison de leur nouvelle planque, qui ferait parfaitement l'affaire... Et ne ferait pas long feu face à lui, même s'il s'y rendait seul.
Ou presque.
♨
Au final, bien avant d'arriver sur place, le vilain sut qu'il n'était pas au bout de ses peines.
Il le sut car, à peine avait-il débouché dans la ruelle derrière leur planque par une porte dérobée, qu'une silhouette familière et bien trop agaçante se dessina dans les ombres de celle-ci. Une silhouette masculine, reconnaissable entre mille car elle était affublée de deux ailes imposantes dans son dos. La silhouette de Hawks.
Le héros n°2. Le sale piaf qui jouait double jeu. Il ne manquait plus que lui pour gâcher sa journée.
Dabi tenta bien de l'esquiver, faisant demi-tour pour passer par un autre chemin et ne pas croiser le sien... Mais c'était sans compter sur le fait que le blond l'avait repéré. Avant qu'il n'ait pu fuir ou se fondre lui-même dans une cachette improvisée entre deux bennes à ordures, il le héla :
"-Oi ! Salut Dabi ! Ça fait un bail !"
Un bail pour Hawks, ça voulait dire une semaine.
Le héros passait une fois par semaine environ à la planque, voir comment la fine équipe de l'Alliance se portait, et prendre la température sur les avancées que faisaient les plans de Tomura. Évidemment, les membres de l'Alliance ne lui disaient pas tout, morcelant entre eux les différents éléments d'idées de leur chef pour éviter toute trahison... Mais avec lui dans les bottes, garder ses propres secrets était parfois une tâche ardue.
L'homme ailé était un vrai moulin à paroles... Mais il savait aussi communiquer de façon à faire avouer au moins méfiant le moindre de leurs secrets. Ce qui le rendait d'autant plus dangereux car, le temps avait beau être passé depuis leur première rencontre, il s'en méfiait de plus en plus. Le blond était trop investi pour son propre bien et cela ne le rendait que plus méfiant envers lui.
Pour Dabi, le numéro 2 des héros jouait un double jeu dangereux et risqué, et donnait des informations sur eux à d'autres héros ou à la commission pour les fragiliser. Mais comme Tomura avait décidé de partiellement lui accorder sa confiance après sa participation active au deal passé avec l'organisation de Re-Destro... Eh bien, pas d'autre choix que de laisser couler, tout en surveillant le moindre fait et geste du blond lors de ses visites.
Mais aujourd'hui, il n'allait pas pouvoir garder un œil sur lui. Il avait déjà quitté la planque ; s'il faisait demi-tour maintenant, cela aurait été suspect. De toute façon, maintenant qu'il était obligé de parler à ce sale piaf, il allait sûrement être encore plus en rogne par la suite. Alors autant en finir le plus vite possible.
Arracher le pansement et ensuite brûler vives quelques pauvres âmes que personne ne chercherait à retrouver une fois mortes. C'était son programme... Actuellement.
Lâchant un soupir las, le noiraud tourna de nouveau sur lui-même dans un mouvement qui se voulait nonchalant et scruta le héros de haut en bas. Celui-ci portait son uniforme habituel de patrouille, dans lequel il ne passait presque jamais inaperçu... Mais qui, au moins, lui serait utile en cas d'affrontement potentiel.
Hawks n'avait jamais baissé sa garde. Ce qui voulait dire une seule chose : il avait conscience des risques qu'ils prenaient en venant ici. Même s'il prétendait être de leur côté, il n'était jamais à l'abri de se faire tuer. Surtout avec l'Alliance.
"-Salut, face de piaf. , lâcha froidement le vilain en enfonçant ses mains brûlées dans ses poches, pour se retenir de brûler le blond sur place, Qu'est-ce que tu veux ?
-Rien, je faisais juste ma petite visite habituelle à mon équipe de vilains préférée! , rit le blond en lâchant un sourire faux à son interlocuteur, Tu sors ? Dommage, j'aurais espéré qu'on puisse discuter un peu, tous les deux.
-De quoi ?! J'ai rien à te dire ! Fais pas comme si on était potes, t'es juste un sous-fifre."
Hawks esquissa une moue boudeuse, clairement blessé de ne pas se voir intégré aussi bien qu'il le pensait auprès du noiraud... Mais celui-ci s'en fichait. Qu'il pense ce qu'il veuille et aille au diable ! Il ne se rapprocherait jamais d'un mec aussi proche d'Endeavor dans sa soi-disant parfaite petite vie de parfait héros. Quiconque était proche du numéro 1, pour lui, était désormais une pièce rapportée de la société. Un moins que rien qui voulait utiliser les autres pour arriver à ses fins.
C'est ce qu'était le blond pour lui. Ce qu'étaient tous les héros, à vrai dire. La plupart des gens faisaient ce métier pour l'argent et la gloire. Pas pour autre chose. Il détestait voir des hommes comme eux reconnus alors que l'Alliance ne faisait que se battre pour survivre... Et exister, à leur propre échelle.
La vie avait toujours été injuste. Et c'est ce qui l'avait rendu si méfiant au final. Mais il n'était pas près de baisser sa garde, tout comme le blond.
"-Okay ! Pardon, je pensais juste être sympa !, soupira ce dernier en levant les mains en l'air en signe de paix, Toutes mes excuses ! Je ne voulais pas te déranger dans une journée aussi chargée. Tu as l'air pressé, peut-être qu'on discutera une autre fois alors !
-Dans tes rêves, sale piaf !, pesta le noiraud en levant son doigt du milieu dans sa direction, nullement désireux de faire la paix, On sera jamais potes, toi et moi !"
Puis il tenta de nouveau de fuir. En vain.
Hawks ne tenta pas de le retenir, mais le son d'une porte qu'on ouvrait à la volée l'interrompit dans son chemin tout juste repris. La voix claironnante du héros lui confirma que quelqu'un d'autre venait de quitter la planque après lui, et c'était loin de lui plaire.
"-Oh, salut Wal ! Toi aussi, tu sors ? Mince, j'espère que je ne vais pas me retrouver tout seul, si vous fuyez tous la planque aujourd'hui.
-Salut Hawks. , répondit la violette sur un ton plus doux et poli que son camarade, presque familier, Oui, désolée, j'ai un ou deux détails à régler en ville aujourd'hui. Mais les autres sont encore à l'étage si tu veux. Compress a fait du thé, donc tu auras de quoi faire."
Dabi tourna à moitié la tête, voyant sa camarade rabattre son éternelle cape violette de costume sur ses épaules en disant ça, puis le masque noir en tissu cachant partiellement son visage pour dissimuler son identité. Alors elle sortait elle aussi ? Le noiraud serra les dents. Il espérait que ce n'était pas pour le suivre.
"-Je vois... Merci... , souffla le blond avec un sourire en coin en passant la porte qu'elle lui gardait ouverte, Passe une belle journée alors. Et ne te fais pas prendre."
Le héros ponctua ses paroles d'un geste en prenant la main libre de Walkyrie dans la sienne d'un air charmeur, les frôlant de ses lèvres, et arracha un soupir excédé et amusé à la vilaine. Celle-ci ne le repoussa pas non plus et le laissa passer en répondant :
"-Moi ? Jamais voyons ! Ce serait une hérésie que je me laisse prendre comme une bleue par des héros. Crois-moi."
Une plaisanterie à laquelle Hawks répondit par un rire franc, avant que la porte de la planque ne se referme derrière lui. Dabi ressentit une pointe d'amertume, à les voir si complices. C'était presque comme s'ils se connaissaient depuis des années, c'en était presque rageant.
Mais aussi, c'était suspect, sur certains aspects.
Walkyrie poussa un soupir presque soulagé quand la porte en fer de la planque claqua derrière le héros, et descendit le perron en silence. C'est là qu'elle sembla enfin remarquer sa présence à lui aussi. Elle ne l'avait pas fait avant car, même s'il était encore à portée d'oreille, il n'avait jusqu'ici pas été visible depuis là où elle était. Mais maintenant qu'ils partageaient la chaussée, les choses étaient bien différentes.
Les deux vilains se jaugèrent à quelques mètres de distance, comme si, l'un comme l'autre, ne disposaient pas d'assez d'espace personnel pour ignorer son adversaire... Et la violette fut la première à perdre patience. Clairement prise de court qu'il soit encore là, et un peu agacée, elle lâcha froidement :
"-Qu'est-ce que tu regardes ? Tu avais pas mieux à faire que de rester dans le coin ?
-Ouais, mais un blond à la con m'a retenu. , répliqua le noiraud à la dure, sans pitié, Pareil pour toi, apparemment. Tu comptais me suivre ? Je croyais avoir été clair, pourtant ?"
À la façon dont sa collègue tiqua, il sut qu'il avait tort. Elle n'était pas sortie pour le suivre. En revanche, elle aurait espéré être passée incognito. Quoi qu'elle ait prévu de faire, ce n'était sûrement pas quelque chose dont elle avait envie que les autres aient conscience... Elle cachait quelque chose. Mais avant qu'il n'ait pu l'interroger, elle s'assombrit et cracha :
"-Tu as été très clair ! Ne t'inquiète pas, je comptais pas te suivre ! J'ai mes propres affaires à régler, et ce n'est clairement pas quelque chose qui te concerne ! Alors mêle-toi de tes oignons et arrête de penser que tu es le centre de l'univers !"
Elle ponctua ses paroles en marmonnant une insulte très mal placée pour conclure mais cette fois, Dabi ne chercha pas à se défendre. Pour la sortir ainsi de ses gonds, il savait qu'il fallait pousser loin... Alors il n'insista pas. Certes, ce n'était pas la première fois qu'elle s'énervait après lui, elle avait même déjà frappé de colère, mais... Il n'eut pas envie de la brûler vive, contrairement à d'autres.
Il était loin d'avoir envie de tuer la violette, même si l'idée aurait pu paraître tentante avec d'autres.
Il la laissa donc tourner les talons rageusement, s'éloignant de lui par le côté opposé de la ruelle, et attendit qu'elle disparaisse pour être sûr qu'elle ne le suivrait pas. Car pour lui, les paroles ne suffisaient pas, seuls les actes comptaient... Et il ne tourna les talons à son tour qu'une fois qu'il fut certain que personne ne le suivrait... Pour le bien de son projet de meurtre d'anniversaire, autant que pour la subsistance de certains, qui ne méritaient pas de subir la fureur de ses flammes.
♨
"-Non ! Non, je t'en supplie, épargne-moi, je te promets que je ferai ce que tu veux. Je... ARGH !!!"
Et voilà une bonne chose de faite. Il en était à son onzième de la journée.
Malgré l'odeur de chair brûlée qui régnait dans la pièce, et la chaleur étouffante de ses flammes, Dabi ne broncha pas, presque soulagé de voir sa dernière victime se consumer comme une allumette sous la puissance de son alter. Ça lui avait fait un bien fou, ce petit tour dans cette planque décrépie de petits voleurs... Ça l'avait aidé à se calmer les nerfs tout en profitant d'un peu de temps libre et d'un peu de calme.
Comme au bon vieux temps.
Comme avant qu'il n'intègre l'Alliance, se liant définitivement à cette bande de bras cassés, à qui, tout compte fait, il s'était attaché. Comme un idiot.
Après sa sortie de l'hôpital, sa vie ne s'était rapportée qu'à ça : traîner dans des endroits mal famés, sans attache, brûlant quiconque osait soit se mettre sur son chemin, soit le provoquer, et ne jamais rester au même endroit.
Sous aucun prétexte.
Puis il avait trouvé sa place parmi Tomura et sa petite clique, sur un coup de tête, après la capture de Stain, en suivant le message que le vilain avait fait passer par ce symbole... En espérant enfin obtenir la vengeance dont il avait toujours rêvé... Car après tout, pourquoi pas. L'Alliance semblait être puissante. Il pourrait obtenir tout ce dont il pouvait rêver avec eux.
Ou presque.
Au final, il s'était retrouvé à se reconstruire une nouvelle vie malgré lui. Dans une nouvelle famille choisie qui était certes brisée, bancale et avec son lot de disputes... Mais dont les membres étaient là les uns pour les autres sans juger. Dans les bons comme dans les mauvais moments. Surtout dans les mauvais, quand on y regardait bien. Parce que le chemin n'avait pas été de tout repos jusqu'à récemment.
Tant mieux. Il détestait la routine et la tranquillité, qui offraient pourtant leur lot de confort, comme en ce moment... Cela l'ennuyait à mourir. Cela le rendait encore plus irritable que d'habitude... Et c'est ce qui créait le genre de choses qui arrivaient quand il avait besoin de se défouler sur un coup de tête. Comme aujourd'hui.
Des tueries de masse. C'est comme ça qu'ils appelaient ses crimes, à la télévision. Des actes de barbarie sur des groupes isolés, des meurtres souvent si sanglants qu'ils secouaient le public quelques temps... Avant d'être oubliés. Après tout, ses victimes n'étaient que des parias comme lui. Des rebuts de la société, faciles à tuer, dont personne n'en avait rien à faire durant leur vie... Et après leur mort.
Mais c'était sa façon à lui d'extérioriser sa colère, et il ne la changerait pas. Jamais.
D'un geste nonchalant du bras, Dabi chassa les dernières flammes ayant pris possession de l'entièreté de la planque, ne laissant derrière elles que des murs autrefois tagués couverts de cendres... Et presque une douzaine de corps carbonisés un peu partout à même le sol. Méconnaissables.
Satisfait de son travail, le vilain admira la position des corps carbonisés autour de lui, comme un peintre admirant son œuvre.
La plupart des petites frappes qu'il venait de tuer avaient tenté de fuir, en vain, et se retrouvaient donc soit en position fœtale après avoir tenté de ne pas se laisser avaler par les flammes, soit rampant à même le sol, à la recherche d'une issue quelconque. Une porte. Une fenêtre. N'importe quoi. Aucun n'avait réussi à en réchapper.
Quant aux autres, ceux qui avaient tenté de le combattre dans l'espoir de s'en sortir, il n'en restait que leurs dents, traînant sur le sol parmi les cendres. C'étaient les seules parties des corps complètement disparues qu'il laissa derrière lui.
Malheureusement, il ne pouvait pas rester ici éternellement.
L'endroit avait beau être isolé du reste de la ville, les pompiers, la police, les héros... Toutes les forces de l'ordre alentour avaient dû être prévenues et étaient sûrement déjà en route. Autant le dire franchement, cet endroit serait bientôt une scène de crime, et il ne tenait pas à être encore là quand cela arriverait.
Alors sans un regard en arrière, Dabi s'éclipsa du bâtiment désaffecté qu'il avait partiellement fragilisé avec son feu pour couvrir ses traces... Et le laissa s'effondrer à moitié derrière lui en s'éclipsant par la même ruelle par laquelle il était arrivé. Il s'enfonça dans le dédale étriqué de réseaux mal famés de la ville, laissant seulement le regard hagard ou malveillant de quelques autres petites frappes le suivre sans pour autant y faire attention.
Puis il retourna dans la lumière.
Enfilant un masque et une paire de lunettes de soleil, remontant le col de sa veste et fourrant ses mains dans ses poches, le noiraud prit une rue commerciale adjacente à son itinéraire pour se fondre dans la foule du week-end. En ce début de soirée, alors que le soleil descendait doucement sous la ligne d'horizon en baignant l'endroit d'une lumière orange, le monde lui permettrait plus facilement d'échapper à la vigilance des héros s'il y en avait lancés à sa poursuite... Et rendrait ses déplacements plus faciles, à défaut d'être fluides.
Il minimisait au maximum les risques d'être reconnu, ou presque... Car le sort semblait s'acharner sur lui, encore et toujours. Et par le sort, il était plutôt littéral, car il tomba encore et toujours sur la seule sorcière qu'il n'aurait pas aimé recroiser aujourd'hui. Walkyrie.
Cette fois, la vilaine avait troqué son costume pour une tenue quotidienne, plus passe-partout mais tout aussi flatteuse. T-shirt noir avec pentagramme, pantalon déchiré et rangers assorties. Il la scruta, se figeant sur place de surprise, avant d'essayer de reprendre contenance.
Elle avançait comme si de rien n'était, furetant entre les magasins en observant les vitrines comme toute bonne touriste étrangère l'aurait fait... Mais cette situation ne dura pas.
Malgré son déguisement, leurs regards finirent par se croiser, un éclair de surprise passa sur le visage de la violette... Avant qu'elle ne lui adresse un gentil sourire et un signe de la main. À grandes enjambées, la jeune femme vint dans sa direction comme si c'était la chose la plus naturelle du monde, comme si elle l'avait attendu. Mais elle jouait un rôle. Pour ne pas griller la couverture du vilain et faire comme si elle rejoignait... Eh bien, son petit ami, visiblement.
Sans lui demander au préalable, Walkyrie prit le bras du noiraud en crochet dans le sien, toute guillerette, et le tira vers elle. Elle jouait le rôle du parfait petit couple enamouré. Dieu savait que s'il n'avait pas recouvert son visage, Dabi aurait directement trahi cet acte, car il fit la grimace au contact de sa collègue. Il lui fallut un effort conséquent pour ne pas la repousser, même.
Il joua le jeu malgré tout, se laissant tirer dans la direction qu'il avait prise initialement par la jeune femme alors qu'elle lançait une conversation qui, en apparence, pouvait paraître normale :
"-Alors, ça va ? Tu as passé une bonne journée ?
-Mh... Mouais..., répondit Dabi, à moitié dans le jeu, La routine.
-La routine, tu es sûr ?, demanda-t-elle en riant avant de baisser d'un ton pour se faire plus discrète, Tu te fous de ma gueule ?! Tu es celui qui demande à ne pas être suivi et tu me stalkes ? Je vais commencer à croire que tu m'aimes bien, Dabi..."
Contrairement à ce à quoi il s'était attendu, son ton n'était pas plein de reproches... Plutôt... Amusé par la situation. Taquin même.
La violette semblait plus détendue que lors de leur précédente conversation plus tôt dans la journée, et c'était tant mieux. Le noiraud était assez calmé pour supporter une ou deux blagues, mais pas des reproches. Alors qu'elle soit de meilleure humeur le mit dans de meilleures dispositions pour jouer à son petit jeu de couple en conversation au milieu d'une rue bondée.
Marmonnant dans sa barbe pour garder un semblant de tranquillité d'esprit, il dit sur un ton sarcastique :
"-Que veux-tu, je suis un incorrigible romantique."
Puis il toussa avant de reprendre plus sérieusement :
"-Non mais pour qui tu me prends ?! J'ai pas que ça à foutre de ma vie. Tu n'es pas le centre du monde, Walkyrie.
-Ouch. Touché. , rit la vilaine en roulant des yeux, amusée qu'il utilise ses propres mots contre elle, Je sais, on se croise juste par hasard. De un, car je t'aurais repéré en moins de cinq minutes si tu m'avais suivi... Et de deux car..."
Elle plissa le nez, reniflant sans aucune vergogne le bras de Dabi qu'elle tenait encore dans le sien avant d'ajouter :
"-Tu pues la chair brûlée. Sérieux, qu'est-ce que tu es encore allé cramer pour sentir aussi mauvais ?
-Crois-moi..., soupira le vilain en lui lançant un regard appuyé, Tu ne veux pas savoir.
-Tu as raison., l'imita-t-elle en regardant ailleurs, comme si elle avait compris, Je ne veux pas savoir."
Elle ne se détacha pas de lui pour autant. Comme si l'idée qu'il avait tué une poignée de pauvres mecs ne la dégoûtait pas. C'est ce qu'il aimait dans l'idée de fréquenter uniquement d'autres vilains au sein de l'Alliance. On ne le jugeait pas quand il faisait ce genre de choses à cause d'un excès de colère. Et ce n'était pas différent avec elle.
Ou ça l'était ? Le noiraud ne savait pas trop quoi en penser. Car dans le silence qui suivit, un malaise latent flotta, bien vite chassé par la question suivante de Walkyrie qui bégaya :
"-Et on va où comme ça ?
-On ? JE vais où le vent me mène, et toi, tu ferais mieux de rentrer à la planque. , grommela-t-il, s'extirpant enfin de la poigne de sa collègue alors qu'ils rentraient de nouveau dans une ruelle sombre à quelques pâtés de maisons désormais des lieux de ses crimes, J'ai encore besoin de tranquillité, sorcière.
-Pourquoi ? Recommencer à brûler des trucs ?, répliqua-t-elle du tac au tac, réactive, Hors de question que je te laisse faire. Les héros pourraient nous retrouver à force que tu leur laisses des indices. Si tu comptes aller quelque part, je viens avec toi. Ou alors, je vais prévenir Tomura et les autres. C'est toi qui vois !"
Dabi leva les yeux au ciel et soupira. Cette fille était une plaie. Littéralement. Une fois elle se montrait froide, distante et exigeante, et l'heure d'après, elle n'était que douceur et protection envers l'Alliance. Une sorte de sœur... Ou de maman selon de qui on prenait le point de vue.
Or, Dabi n'avait pas besoin qu'on le babysitte. Ça, non merci.
Mais l'idée qu'elle le suive lui déplaisait moins que l'affrontement qu'il aurait à avoir avec Tomura et les autres s'ils apprenaient qu'il avait brûlé un groupe d'individus, laissant ainsi un indice clair sur la présence de l'Alliance en ville. Alors il céda.
"-Bien. Mais tu ne poses pas de questions., imposa-t-il fermement pour que l'échange soit équitable, Où que l'on aille, tu me fais confiance, et on n'en parle pas.
-Chef, oui, chef. , rit la violette en venant lui mettre un léger coup de coude taquin avant d'ajouter, Fais pas cette tête, ça va être fun. On pourra prendre un peu de plaisir à traumatiser innocemment quelques civils, si tu veux.
-Alors pour ça, compte sur moi., sourit vaguement le vilain en enlevant masque et lunettes de soleil avec enthousiasme, laissant ses pieds le porter au hasard dans une autre partie de la ville, Mais ne viens pas te plaindre ensuite si on se fait repérer. Je suis extrêmement reconnaissable dans le genre."
Un dernier éclat de rire vint illuminer vaguement la ruelle sombre et humide, avant que les deux compères ne disparaissent de nouveau au coin d'une autre ruelle... Laissant le vent les porter là où il serait alors le mieux pour eux d'aller, du moins, pour ce soir.
♨
Au final, ils échouèrent dans un quartier résidentiel en périphérie du centre-ville. Le genre de quartier tranquille où personne ne traînait vraiment, sauf ceux qui y habitaient, mais suffisamment proche du centre-ville pour être aussi un quartier huppé.
Et Dieu savait qu'habituellement, c'était le genre de quartier, si ce n'est le seul endroit au Japon, dans lequel Dabi avait essayé de ne pas venir toute l'année... Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, avec son anniversaire, c'était particulier.
Les deux comparses s'étaient arrêtés à la tombée de la nuit sur une colline du quartier, un peu à l'écart sous le couvert des quelques maigres arbres au sommet de celle-ci, et observaient le paysage en silence pour l'un, et le ciel pour l'autre.
La lune brillait intensément, ce qui faisait que Walkyrie était suffisamment distraite pour ne pas l'observer, et ainsi il passa la soirée à fixer une maison en particulier, juste en bas de la colline sur laquelle ils se cachaient.
L'endroit semblait habité, plein de vie, en cette soirée fraîche d'hiver, mais il n'en était pas forcément étonné. La famille qui y vivait se recueillait chaque année à cette date dans cette maison silencieuse et tranquille, et cette année ne faisait pas exception. Même si les choses commençaient à bouger pour tout le monde.
Au bout d'un certain moment, très tard dans la nuit, alors que le vilain continuait de fixer la porte, une première silhouette se dessina sous le préau de celle-ci pour observer la colline en contrebas... Puis une seconde, qui fit froncer ses sourcils. Comme s'il ne s'attendait pas à voir une seconde personne venir ici ce soir.
Pourtant, c'était le cas.
Et alors qu'il continuait d'observer les deux individus d'en haut sans bouger, comme pour ne pas se faire repérer sur cette colline sombre, Walkyrie sembla remarquer son trouble. Brisant le silence, elle demanda :
"-Eh, Dabi. Je peux te poser une question ?
-Non., grogna le noiraud sans ciller, La condition pour que tu viennes, c'était pas de question. Alors tu te tais, et tu attends.
-Pff... Tu es même pas drôle... , râla la violette, faussement blessée, J'allais juste demander si tu faisais du repérage pour brûler la baraque, c'est tout. Parce que si c'est le cas, je veux aider. Ça te dirait ?"
Le vilain ne répondit pas. Il ne nia ni ne confirma que, peut-être, parfois, brûler cette maison qui avait été autrefois la sienne lui ferait du bien, et haussa les épaules. Peu importait, à vrai dire. Il aurait sa vengeance, un jour ou l'autre.
Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, il avait décidé de laisser un moment de répit à la famille qui vivait encore ici... Mais celui-ci ne serait plus très long. Bientôt, il aurait sa revanche.
Les deux silhouettes en contrebas finirent par bouger. Elles disparurent de nouveau dans la maison, l'une prenant plus de temps que l'autre pour partir, mais le silence resta comme unique compagnon aux deux vilains sur la colline. Un silence que Walkyrie brisa de nouveau en disant :
"-Eh, Dabi.
-Quoi encore ?, soupira le concerné, agacé, Ce que tu peux être bavarde quand tu t'y m-
-Joyeux anniversaire."
Le noiraud se figea, stupéfait, et se trahit tout seul en se tournant vivement vers sa voisine. Victorieuse, la violette lui adressa un sourire amusé, qui hurlait à lui tout seul "je t'ai eu". Il devait se rendre à l'évidence, sa collègue avait été plus observatrice que ce à quoi il l'avait crue capable.
Peu importe comment elle l'avait deviné, le mal était fait. Mais étonnamment... Pour une fois, il n'avait pas envie de la brûler vive. Plutôt que de faire ça, il poussa un soupir résigné, et regarda ailleurs en grommelant :
"-Merci... Je suppose. Mais si tu en parles aux autres, tu es morte, compris ? J'ai pas envie que tout le monde connaisse ma date de naissance.
-Oh, t'inquiète. J'ai gardé cette théorie pour moi, ce n'est pas pour la partager une fois confirmée !, rit-elle en se rallongeant dans l'herbe, Crois-le ou non, mais je trouve ça amusant d'avoir l'exclusivité de te taquiner là-dessus. Ça me donne un moyen de pression si un jour je dois négocier un truc avec toi."
Une menace en l'air, évidemment. Si Walkyrie devait un jour le menacer, elle n'utiliserait pas une chose aussi triviale que sa date d'anniversaire pour le faire. Plutôt une lame bien affûtée, pour rester dans son domaine de prédilection.
Il haussa donc juste les épaules, s'allongeant de nouveau à son tour à côté de sa camarade pour regarder un peu le ciel avec elle et prendre une pause... Sans admettre qu'au fond, que quelqu'un lui ait souhaité son anniversaire ce soir, avant que cette journée ne se termine, l'avait touché bien plus que ce qu'il aurait voulu se l'avouer, aux autres comme à lui-même.
Fin.
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Date de publication: 18/01/2026
Dernière mise à jour: 18/01/2026